Archives de Tag: street art

Tirer la chasse

chasse

 

Sans doute que les dirigeants et responsables mesurent mal l’ampleur de la crise s’ils ne se fient qu’aux chiffres, aux indices de consommation, etc. Le coup au moral est certainement plus grave et d’une autre nature que simplement dépressive. Le sentiment d’avoir été trompé profondément, cyniquement, dans les grandes largeurs, par tous ceux qui n’ont cessé de certifier, bardés de titres d’experts, qu’il n’y avait pas d’autres voies, que tout allait bien, que tout allait aller de mieux en mieux, ce ressentiment peut devenir incontrôlable. Surtout quand, finalement, aucune décision ne semble venir inverser la vapeur. (Et quand les banques font semblant de s’effondrer, ce sont des infrastructures spirituelles et culturelles qui sont menacées de disparaître, bibliothèques, médiathèques, petits cinémas, télé publique…) Il y a comme des murmures dans la foule qui ressemblent à ces pochoirs relevés à plusieurs endroits anonymes de la ville : des chiottes pour symboliser le désir de tirer la chasse et d’évacuer ceux qui nous chient sur la tête. Quelque chose qui couve et qui s’exprime de façon violente, non correct dans un petit opuscule intitulé « L’insurrection qui vient » et signé par un collectif qui se désigne comme « comité invisible » (La Fabrique éditions). « Ce livre est signé d’un nom de collectif imaginaire. Ses rédacteurs n’en sont pas les auteurs. Ils se sont contentés de mettre un peu d’ordre dans les lieux communs de l’époque, dans ce qui se murmure aux tables des bars, derrière la porte des chambres à coucher. » Autre morceau : « Nous nous y étions bien faits, pourtant, à l’économie. Depuis des générations que l’on nous disciplinait, que l’on nous pacifiait, que l’on avait fait de nous des sujets, naturellement productifs, contents de consommer. Et voilà que se révèle tout ce que nous nous étions efforcés d’oublier : que l’économie est une politique. Et que cette politique, aujourd’hui, est une politique de sélection au sein d’une humanité devenue, dans sa masse, superflue. » Avec appel à l’organisation révolutionnaire, appel aux armes et cri du cœur : « Tout le pouvoir aux communes ! ». La dissémination d’images clandestines de wc ou de collages intitulés « pq » devrait inquiéter les forces du statut quo, ce sont les images d’un trop plein, d’un inconscient qui ne sait s’il va engloutir ou régurgiter. Mais quelque chose ne passe plus ! (Un blog sur Comité Invisible)

chasse21chasse3


Message du trottoir.

Do you slick? Manière intéressante de faire passer son information, le pochoir sur le trottoir. Celui-ci, piétiné à la nuit tombante, dans un quartier de galeries d’art, beaucoup de mondes dans les rues, entrant et sortant des galeries. Le message est bien placé, efficace. Lien avec le 104 (nouveau lieu culturel)? Contradiction entre le « slick » et la « tête de mort » (sauf que celle-ci fait un clin d’oeil)? Le summum de l’adresse est bien d’obtenir que la mort se contente d’être ainsi facétieuse. La trace de semelles dans la couleur imprime un réseau d’empreintes digitales à même cette tête de mort plaisante. Rides personnelles, lignes de vie. Message désintéressé, pour une activité culturelle? Mais ayant déjà intégré les principes de la communication marketing, l’art de se vendre… Le sens de cette invitation me restera un mystère…

slick