Archives de Tag: Lasélecmania

La Sélec apéritive

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Le 18 février, à la Médiathèque de l’ULB, La Sélec 3 est accueillie par des DJ de radio Campus qui en mixent la pulpe musicale et par un apéro (essentiellement des vitamines équitables et durables) offert par l’équipe. Une belle manière d’amorcer un ancrage de ce travail éditorial dans cette zone de constructions d’imaginaires personnels et partagés que l’on appelle « médiathèque », lieu de « lecture publique » au sens large, où les pratiques tendent à donner des « armes » (et des jeux) pour lire et déchiffrer les cultures qui font le monde. – L’accueil et l’apéritif trouvent leur place inhabituelle dans ce fonctionnement quotidien, de manière souple et gentille, avec le charme de l’artisanat, mais on sent que ça prend, que ça répond à des attentes (même si c’est d’abord la surprise qui s’exprime). Une fois la conversation amorcée, l’écoute est très attentive, les projets culturels, sur quoi on écrit et pourquoi et pour qui, manifestement ça implique. Le poster de La Sélec intrigue, « cette image créée chaque fois par un artiste différent, inventée en écoutant et regardant les CD et les DVD de La Sélec, comme exemple d’une appropriation créative, imaginative de musiques et de films à priori pas connus », le poster symbolise ce que chacun crée de neuf dans son cerveau et ses sens en prêtant attention à des musiques et des films, qu’il ne connaît, et qui lui sont proposés par des passionnés: ça crée de nouvelles des images, de nouvelles pensées… Déplier, détacher, désagrapher La Sélec autour d’un verre, ça amuse, ça crée des liens! Ca rassemble aussi les étudiants de passage qui s’installent aux tables, écoutent le mixage, paginent, téléphonent, papotent et, l’air de rien, impriment leur marque à cet espace public. (PH)

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Presse et culture: relever le débat et le défi

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Le Monde mobilise Marcel Gauchet comme soutien de la presse écrite, propos recueillis par Josyane Savigneau sous le titre plutôt tonique : « Où sont les lecteurs ? Aux abris en général… ». Bien des passages font plaisir à lire : on dirait qu’il appuie les arguments de fond sur lesquels nous avons (à la Médiathèque) pensé notre nouveau journal : « La Sélec » ! La certitude qu’un public, lassé de la mode zapping et du calibrage décervelant de l’information, est en attente de respect et de lectures consistantes, désireux d’apprendre. La conviction que, dans la débâcle du modèle économique de l’écrit, il vaut mieux se centrer sur les publics exigeants, peut-être moins nombreux mais avec lesquels il est possible d’élaborer de nouveaux projets. L’intuition que si, certes, il faut évoluer avec le contexte et certaines nouvelles habitudes, il ne faut pas sombrer dans le n’importe quoi, ni renforcer la tendance aux produits « survolants » et qu’il vaut mieux proposer du « texte suivi »… Extraits pour donner le ton…  1. Il faut modifier les données du diagnostic qui accrédite trop systématiquement des données biaisées d’offre et de demande, allant dans le sens de renforcer la tendance zapping : « brièveté, proximité, images » : « On est parti d’une définition très étroite de la demande pour constater à l’arrivée qu’elle n’est pas au rendez-vous. On a d’un côté des lecteurs à la recherche d’un contenu qu’on ne leur offre plus, et de l’autre une presse à la recherche d’un public qui n’existe pas. » 2. L’issue qualitative : « Or nous assistons au contraire à un rétrécissement très net du spectre, avec une actualité de plus en plus dépourvue de mémoire et une domination de l’information domestique sur l’information extérieure. Tout cela est provisoire. Je pense que la presse écrite va peut-être devenir, pour un temps, plus confidentielle, mais qu’elle va monter en gamme, de manière à fournir des services plus spécifiques, ce qui ne dispense pas d’une synergie avec toutes les nouvelles technologies. » 3. La complémentarité papier et Internet, le régime de l’intelligence : « Il est beaucoup plus pratique d’avoir accès à certaines données en quelques clics, que d’avoir dix volumes dune encyclopédie chez soi. Mais ces informations ponctuelles ne dispensent pas d’une recherche d’intelligibilité. Celle-ci suppose un rassemblement raisonné des données ou des points de vue, l’analyse, l’argumentation, bref, du texte suivi pour lequel le papier demeure un support privilégié… » 4. La sempiternelle question de l’élitisme (qui en cache bien d’autres plus cruciales) : « Le mot ne me fait pas peur. Que demande quelqu’un qui cherche à comprendre l’actualité ? pas qu’on lui répète ce qu’il peut trouver partout. Il demande de la mise en perspective et du recul… » La posture du philosophe au chevet : c’est clair, le philosophe adopte ici la posture du soutien. Sa pensée semble juste mais, d’une certaine manière, il est là pour dire ce qu’il faut dire en pareille circonstance pour produire une pensée qui justifie l’existence de la presse écrite dans une voie autre que celle de la facilité. Mais il manque, un peu, la critique de ce qui a conduit la presse dans cette impasse et qui ne provient pas uniquement de l’émergence du « tous journalistes sur Internet ». Parce qu’alors, on semble dire qu’il suffit de vouloir pour changer, que tout est facilement réversible, ce qui n’est pas exact. La baisse de qualité du journalisme, imputable aux liaisons entre presse et intérêt économique, a commencé avant l’apparition d’Internet. Le système qu’il convient de rénover vers le haut, pour que la presse écrite « hausse la gamme », comme dit Gauchet, est profondément ancré dans les modes de fonctionnement, les schémas et logiciels cérébraux, il touche toutes les structures de production de l’information. Il ne suffira qu’un groupe de journalistes veuille élever le niveau ! Dans la crise actuelle, il manque, de la part des journalistes et de leurs organisations professionnelles, une part d’autocritique sans laquelle il semble difficile d’élaborer un réel nouveau projet. Mais ce n’est pas simple. Il semble me souvenir que les travaux de Bourdieu sur le champ journalistique (le cinquième pouvoir ?) avaient été plutôt mal perçus, mal reçus et avaient considérablement détérioré les relations entre la presse et le sociologue ! En attendant, question de lire, les principaux quotidiens américains suppriment leur supplément « livres ». Bientôt, les amateurs de « texte suivi » n’auront que La Sélec à se mettre sous la dent… Peut-être que le journalisme souhaité par Gauchet verra le jour dans des collectifs culturels, des communautés d’intellectuels, porteurs de critique à l’égard de la grande presse et détenteurs de savoirs sur la culture, sur les outils de compréhension du monde, de par leur travail, leurs missions, tous ces milieux qui planchent sur de nouvelles pistes de médiations… !? (PH) – Dans la foulée, consulter les actes du séminaire « Crise du jugement, société du savoir, néo-libéralisme » de M. Gauchet, à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, organisé par le CEPPECS…

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Pleine lune sur La Sélec

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La Sélec en soirée N°1, forcément, c’était une nuit de pleine lune. L’ambition toute simple était de montrer que les médiathécaires peuvent quitter leur comptoir, leurs centres de prêt pour rencontre les amateurs de musique et de cinéma, « ailleurs », en terrain dégagé! L’ambition est de montrer que la Médiathèque a un rôle à jouer pour tisser des liens culturels et sociaux au-delà même des supports physiques. Ceux-ci ne sont jamais, n’ont jamais été que des « enveloppes » pour échanger du son, des images, les faire passer de tête en tête, de coeur en coeur. L’important, l’essentiel, est ailleurs: que cet esprit de curiosité culturelle perdure, se développe, s’épanouisse indépendamment de toute question de support, et que les amateurs, « ceux qui aiment » les musiques, le cinéma, se rencontrent, se croisent, partagent du temps, dans la cité, dans des lieux musicaux… La Médiathèque n’est pas la seule à devoir le faire, mais elle a une carte importante à jouer dans cette socialisation réelle (pas facebook) par les esthétiques musicales et cinématographiques…. Beaucoup d’ambition, mais qui démarre « petit », pour organiser une bonne croissance, pleine de sens! Bilan chiffré: du côté médiathèque on estime que la fête a touché entre 80 et 100 personnes! Du côté de l’asbl « Bruxelles-Congrès », plus habituée à calculer la férquentation de pareille fête, on fait état de 300 personnes qui sont passées... Voici le toast porté à La Sélec, pour cette première soirée: La Sélec, au sein de la Médiathèque en difficulté, en plein projet de refondation, c’est une petite graine de renouveau. Elle va grandir, objet de tous nos soins, fabriquer de nouveaux tissus, nouveaux tissus d’écoutes, nouveaux tissus d’attention culturelle, nouveaux réseaux sensoriels entre vous, nous, la Médiathèque et la société… La Sélec va permettre à notre association de fabriquer de nouvelles synapses, imaginer une nouvelle plasticité de l’esprit pour rendre notre société plus ouverte à la diversité culturelle, à l’altérité culturelle. La première cellule est sortie le 15 octobre. Aujourd’hui, nous célébrons l’arrivée de la deuxième cellule. La troisième est en cours de fabrication. La quatrième se profile déjà à l’état de projet… Un mouvement est lancé.Ca va grouiller. Tout le monde y travaille. Tous les médiathécaires, bien entendu, les rédacteurs évidemment. Mais aussi tous les fidèles, tous les habitués, tous ceux qui, en fréquentant assidûment la médiathèque y ont déposé un peu d’âme, et qui donne la force de se lancer dans de nouveaux projets.  Tous les amateurs, tous les connaisseurs qui continuent à nous soutenir, à fouiller nos bacs, à discuter avec nous dans les centres. Quelque part, soyons mystiques, nous recueillons toutes ces énergies pour avancer… La Sélec est visible avant tout sous la forme d’un objet graphique original, biscornu et ludique, classe et trash, textes et poster.Ce look, cet objet, après pas mal d’études, nous le devons à Mr&Mme, alias Manu Demeulemesster et sabine Dupont. Merci aussi à Alain Degehet, notre infographiste maison… La Sélec est en CD et DVD dans toutes les médiathèques, bientôt dans un mobilier design réalisé spécialement pour elle. La sélec est en forum sur notre site participatif Les Médiavores. La Sélec est aussi un webzin, merci à Isabelle Delaby. La Sélec est un podcast, merci à Benoît Deuxant. (La Sélec multipliera ses podcats). La Sélec est dès lundi distribué dans 70 lieux culturels bruxellois. La sélec est aujourd’hui en soirée, ce n’est pas la dernière fois, fameuse organisation, merci à Eve Willame. Bientôt, La Sélec sera dans les écoles. La Sélec c’est un nouvel esprit de travail collectif, un nouveau rêve et un plaisir d’écrire, merci surtout à Philippe Delvosalle, mais aussi à Catherine Thieron, Catherine De Poortere, Yannick Hustache, Benoît Deuxant… La Sélec, c’est aussi un poster, ça c’est un coup de génie ! Par cette création originale d’une image inédite, vision singulière d’artiste sur le contenu de La Sélec, le poster symbolise chaque fois ce que la Médiathèque entend proposer : un regard, un point de vue sur certaines musiques et certains films, un peu à contre courant, en dissensus avec l’air ambiant pour fouetter l’esprit critique et créatif des amateurs. Une contribution, certes modeste, à entretenir un environnement durable de la curiosité, à étoffer les outils favorables aux processus d’individuation individuelle et collective (merci Mr. Stiegler !). Merci aux artistes qui ont relevé le défi de ces deux premiers posters : Mon Colonel et Oréli.J’encourage tous les amis de la Médiathèque à s’emparer de La Sélec, de fond en comble – la seule revue qui offre un rapport complet : prémisses avec les mains, profondeur avec le texte, extase avec l’image- de la propager partout, notamment en collant le poster en des lieux fréquentés… (PH)           

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Forums et approximations

Je constate dans les forums du Soir, à la suite du communiqué Belga sur notre conférence de presse, que la Médiathèque suscite toujours pas mal de réactions. C’est intéressant, c’est toujours bien vivant! Mais, force est de constater que pas mal réagissent avec des informations parcellaires, avec des visions limitées, voire en fonction de ressentiments épidermiques. Evidemment, un communiqué Belga, c’est une synthèse de chez synthèse, toute la chair engendrée pour singulariser un projet, une ambition, une démarche, a été retirée, on ne montre qu’une partie des os. Remarquons que le communiqué met en avant « le virage numérique » en plaçant en « une » la question du téléchargement. Le titre de la conférence évoquait, lui, le tournant viral. La viralité, ce n’est pas que le numérique, c’est la contagion organisée de La Sélec, par exemple. Beaucoup d’avis, dans ce forum comme lors de la pétition de soutien à la Médiathèque, marquent leur attachement au conseil et à la découverte, liée aux échanges dans les centres de prêt physique et regrettent leur disparition progressive: or, la Médiathèque investit pas mal là-dedans! Et, curieusement, cet aspect, tout de même présent dans le communiqué n’est pas relevé!? Quand nous parlons de « dématérialisation », nous ne pensons pas que « téléchargement » mais aussi « valeur immatériel du conseil ». La Sélec en est l’exemple. Certains déplorent l’appauvrissement de l’offre en supports physiques! On ne trouve plus assez en médias concrets pour les curieux? J’ai du mal à y croire à la lecture des budgets consacrés à acheter du CD, DVD et à la diversité de titres qui entrent en collection!! Bien entendu qu’il y a une diminution, budget et fréquentation étant  la baisse! Mais qui est capable d’absorber tout ce que la médiathèque présente? Qui, ailleurs, continue à présenter autant? Nous avons, dans la conférence de presse, repris à notre compte le titre d’un journaliste du Soir: « CD de combats » parce que nous restons convaincus que le CD est un outil indispensable pour la effectuer une médiation culturelle et faire découvrir des artistes. Il y en a encore qui se demandent: « pourquoi ont-ils attendu si longtemps pour mettre leur catalogue en ligne? » Parce qu’on nous ne pouvons pas, tiens! Ou alors selon des conventions commerciales, donc très chères et lourdes (négociation avec tous les labels, voire tous les artistes..)! Si le politique avait décidé de transposer la notion de prêt public dans l’environnement numérique, la Médiathèque serait peut-être leader mondial de téléchargement, nous aurions devancé I-Tunes! Il faut tout de même garder cette réalité à l’esprit. Je lis aussi qu’un lecteur a tester 10 titres sur notre plate-forme de téléchargement, ne les trouve pas et en déduit: « il n’y en a sûrement pas 600.000 »!? C’est quoi, ça, comme méthode scientifique!? Fantaisiste, oui, et gonflée! C’est bien ça, l’autorité farfelue que l’on peut revendiquer sur Internet! Je ne pense pas que ce Monsieur a en tête 600.000 références musicales et si c’est le cas, nous pourrions très bien proposer 600.000 autres références! Sa remarque dévoile aussi sa complète ignorance de comment fonctionnent les « agrégateurs ». Enfin, le plus intéressant reste cet attachement aux dimensions humaines et sociales de la médiathèque, tout en avouant ne plus trop y passer! Or, si c’est important, il faut y passer et entraîner vos amis, ne pas simplement imputer le déclin de cette superbe association au politique! Allez, vous regrettez vraiment l’esprit de « l’ancienne Médiathèque »?: faites-le revivre, venez nombreux par exemple à la première de « La Sélec en soirée », le 12 décembre, Bruxelles-Congrès, de 19 à 20H, expo + DJ + plein de médiathécaires comme vous (semblez) les aimer… (PH)

La Sélec (2) : face à la presse et en soirée.

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Le 25 novembre, présentation de La Sélec à la presse, dans les locaux de la Médiathèque. Exercice difficile (et toujours instructif : chaque fois, on peut étudier comment se transmet l’information), une sorte de face à face où il s’agit de convaincre de la singularité, de l’originalité et de la pertinence d’un produit. En subissant (qu’elles soient dites ou implicites, elles forment la vulgate dominante en la matière) toutes les recommandations « bateau » des spécialistes en communication : aller à l’essentiel, donner les informations pratiques, être court, ne pas digresser, etc.… Sous-entendu : les journalistes sont hyper sollicités, ils ont des tonnes de rigolos comme vous à écouter, ils n’ont pas de temps à perdre, ils doivent rentabiliser le temps qu’ils passent dans ce genre de conférence, ils ont des cases à remplir… Pourtant, il faut essayer de faire sentir la différence, l’étoffe particulière du projet que l’on présente. La Sélec ne peut être captée dans son identité si elle n’est pas replacée dans un contexte, dans un projet militant plus large, plus profond. Encore faut-il, alors, parler et s’engager dans une critique de ce contexte, ou ouvrir le débat sur cette prise de position (situation déplorable de l’information culturelle). Mais ça, c’est accorder beaucoup de place à quelque chose qui reste, au stade actuel, relativement marginal. Or, c’est peut-être l’essentiel à dire pour capter l’attention de ceux que pourrait intéresser un objet tel que La Sélec. Parler d’une prise de position, de ses motivations, de son ambition et de son rêve plutôt que mentionner le fait : la publication d’un nouveau journal. (D’abord, La Sélec, ce n’est pas qu’un journal, c’est un esprit, esprit collectif pour dégager de nouvelles curiosités). À cette conférence de presse, étaient présentées des planches originales superbes d’une nouvelle BD réalisée par Mon Colonel, ainsi que des illustrations de l’artiste choisie pour le poster de La Sélec 2, Oreli (sortie 15 décembre). Bon, on dirait que ça n’a pas tilté. Nous en avons profité pour annoncer la première « La Sélec en soirée » : le vendredi 12 décembre, de 19 à 24 heures, à la gare de Bruxelles-Congrès (Bld Pacheco, Bruxelles), avec : exposition de Mon Colonel et Oreli, prestations DJ de Partyharders (Papy Harder & Mon Colonel). Bar et petite restauration. Entrée gratuite. Un moment de vie à partager pour souffler sur  l’esprit de La Sélec ! 

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