Archives de Tag: égérie rock

Carla et les pulsions voyageuses

Evangelista, « Hello, Voyager », XE761B

Nouveau titre de Carla Bozulich. Une première plage puissante, une prière dézinguée avec harmonium psychotique, basses fréquences bidouillées, guitare hagarde, batterie en transe décalée. Et une superbe prestation vocale incantatoire (« Wind of Saint Anne »). « Smooth Jazz », plus carré et cradingue, envoie tout valser en cognant et chancelant. « Lucky Lucky Luck », une chanson plus calme mais pas sage, permet d’apprécier les inflexions plus posées de la voix qui a rentré ses griffes. « Truth Is Dark Like Outer Space », retour de l’urgence ultra remuée. Une sorte de chaos bourdonnant, chantant, musclé, qui met KO. « The Frozen Dress », solo pour « fucked up guitar, singing, a bell or bass drum here and there », petite pièce complètement frappée, bref lever de rideau sur la fêlure interne et son charivari de rêves et poésies tordues, distordues, soupapes de l’imaginaire. Mais surtout, « Hello, Voyager! », ou le retour du grand tremblement sacré. Beaucoup de percussions, une trompette, des guitares, une basse, et la prestation oratoire de la chanteuse. Une dérive free haletante, très chaude où, avec une présence genre Lydia Lunch, hystérie illuminée et surfeuse destroy dans les espaces « entre les choses », elle va lancer et faire tournoyer comme s’il s’agissait de boyaux, les guirlandes électriques de ses souffrances et indignations, de ses questions sur le monde, de ses croyances, secouer les chaînes de beauté et d’horreurs qui la relie au monde, l’exigence de son identité face à la catastrophe pulsionnelle. Passage à l’acte. Elle nous balance sa lettre écarlate. Quel engagement, quelle réussite, une intransigeance qui fait du bien.

 

hello, voyager

hello, voyager

Publicités