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Enorme impasse

La plupart des quotidiens présentaient une info sur l’augmentation des personnes obéses. L’article le plus complet et instructif étant peut-être celui de Libération. Le plus révélateur de l’impasse cynique dans laquelle, sur ce sujet de santé publique, nous nous trouvons. Reprenons les informations de base: il y a actuellement 400 millions d’obèses dans le monde. L’OMS estime que d’ici 2015 (tiens, juste pour Mons 2015, un bon thème culturel) le nombre d’adultes en surpoids serait de 2,3 milliards avec plus de 700 millions d’obèses. L’article provient de deux sources: l’actualisation de ces prévisions chiffrées d’une part et, d’autre part, la décision de l’industrire pharmaceutique de renoncer à des recherches coûteuses qui semblent ne conduire nulle part (traitement par molécule). Dans un pavé « Une épidémie difficile à endiguer », le point est fait concrètement sur la situation: le phénomène atteint de plus en plus le sjeune sgénérations, les « messages sanitaires » de prévention ne récoltent pas le succès escompté, les régimes donnent des résultats éphémères, les interventiuons chirurgiques restent chères, pas accessibles à tout le monde et pas « anodins » (entendez, il y a des conséquences sur d’autres aspects de la vie). Le constat le plus choquant est dans la conclusion: l’obésité est corrélée avec un facteur important d’inégalité sociale, les recommandations d’alimentation saines se heurtent à des questions de porte-monnaie. Point. On passe à autre chose. Parce que les questions d’inégalité sociale et de revenus n’ont aucune perspective de solution, ce n’est pas la peine de s’y attaquer. Ce genre d’article ne fait qu’entériner un état de fait et, par là-même, répand les idées dominantes sur ces problématiques. Cela évoque l’approche de la pauvreté par le sociologue Bauman: la libéralisation de la société a conduit à rendre responsable le pauvre de sa pauvreté, le chômeur de son absence de travail, du fait même qu’ils cessaient d’être des consommateurs dignes de ce nom. Il n’y a fondamentalement aucune envie, aucun désir de résoudre ces problèmes. Notre société, nos politiques n’ont aucune envie, aucun désir de s’attaquer aux sources du problème, solutionner l’obésité en s’attaquant à ses causes réelles (le standing de vie, le comportement de consommation, le capital culturel, voilà encore un axe de travail pour soutenir une autre manière de penser une politique culturelle d’envergue, autre que celle basée sur l’événementiel). Par contre, finalement, on s’en remet tout de même aux industries pharmaceutiques qui, si elles relâchent leurs efforts, n’abandonnent pas leurs efforts (une bataille de perdue, pas la guerre): « les bénéfices potentiels sont trop importants pour que ce domaine de recherches disparaisse » (Derek Lowe, chercheur en pharmacie). Vous avez dit cynisme?