Fredonner modeste.

Retour sur fredonnement. – Souvent, c’est d’un jeu relationnel entre espaces, volumes et matières, souvenirs qui fusent défigurés, expulsés par un volcan qui rêve, croisant et agrégeant des morceaux de présents ou de futurs, fruits d’appréhension en pagaille, qui chutent comme des aérolithes, de ce jeu-là que ça fredonne. Dans ce ballet en douceur de plaques tectoniques intimes, le corps fantasme un équilibre en ronronnant. Ce ronron magnétique lui fait presque-chanter un prélude à la compréhension de ce qu’il vit. Dans le cas d’un lieu circonscrit dans la rangée d’arbres séparant, mais d’un rideau qui laisse passer le regard, la région montagneuse de celui qui désire en sillonner les routes jusqu’au bout de ses forces (point fictif, vue de l’esprit) – mais là, à distance, le troupeau de douces montagnes semble imaginé et absolument impénétrable, sans réseau routier, juste une brume compacte au couchant -, c’est de résonner avec bien d’autres situations d’objets voilés où s’engagent les questions plurielles et forcément irrésolues de l’érotique, que se forment des ondes qui donnent envie de presque chanter. Un seul point du paysage devient alors un mille-feuille réveillant les couches diffuses des désirs que le ronron fusionne provisoirement en un seul bien-être (illusoire). Le fredonnement, l’involontaire, celui qui est symptôme de quelque chose, est frottement mécanique (comme on dit écriture automatique, lien constant avec le surréalisme) entre les différentes temporalités dont les vestiges et immanences traversent nos expériences, c’est une histoire d’apparitions et d’effacements et de leurs flux saccadés (rythmes). – À l’épreuve d’une exposition au CRAC/Sète. – En lisant dans la revue Art Press (septembre 2011), un article assez long sur l’exposition de Philippe Ramette au Crac de Sète, je prends conscience que cette exposition si agréable à visiter ne m’a laissé aucun grain à moudre, elle ne s’est agrégée à aucun matériau déjà là dans ma tête, n’a pas cheminé, est restée au même endroit, légèrement pâlie. Je m’en souviens, je la vois encore très bien et, malgré qu’elle ait infusé plusieurs semaines en moi, je n’ai rien de particulier à en dire, il n’y a, autour des traces qu’elle laisse en moi, aucune élaboration mentale, organique, préalable à tout discours personnel. Elle reste telle quelle, inoxydable, je n’en tire aucune expérience personnelle, je ne crée rien avec. C’est le genre d’exposition dont les impressions s’autodétruisent après quelques heures, se désincarnent, la greffe ne prend pas, n’en subsiste que le reflet fidèle obstiné à ne pas trahir la volonté de l’artiste. À la lecture de l’article, je sais que « c’est exactement ce que j’ai vu, exactement ça, rien de plus », une part d’érudition en plus. L’article est lui-même une extension personnalisée des informations distribuées dans le « guide du visiteur » et rédigé probablement à partir de ce que l’artiste « a voulu dire ». La médiation verbale, très bien prise en charge par le personnel du CRAC, est un peu plus ouverte, accompagnée de ces gestes et intonations involontaires qui donnent une profondeur au langage oral dont profite, indirectement, la prise de parole sur les œuvres, au moins d’autres chaleurs humaines s’y infiltrent, mais timidement, à la sauvette. L’organisation de la communication sur les œuvres prend le pas sur la relation à l’œuvre. On peut avoir l’impression que la communication est élaborée en même temps que l’oeuvre, elle en est une partie du matériau voire l’argument qui la détermine. L’explication de l’œuvre en est constitutive comme le moule de ce que l’on doit ressentir en coïncidant avec elle. Peut-être qu’en me forçant, en incluant ces œuvres (images) dans un récit qui ne les concernerait pas directement, où elles ne seraient que des incidences, des « personnages », je rejoindrais des élaborations imaginaires singulières projetant sur les œuvres le reflet d’autres significations, le déploiement de sens moins formatés. Mais spontanément je constate que « ce que je ressens correspond quasiment mot à mot à ce que l’on me demande de comprendre et ressentir ». Aucune liberté, aucun espace gratifiant d’interprétation ne se dégage, c’est au final un peu triste. Le souvenir d’un moment agréable dans les salles du CRAC n’empêche pas le constat a posteriori que rien n’y a fredonné, juste de la sympathie instantanée. Je parle pour moi, bien entendu. « Le Portrait tragi-comique (2011) est une image non pas double mais triple. Vu de face, le visage de l’artiste frappe par son expression incohérente et grimaçante. En tournant autour de la sculpture, on comprend qu’elle fusionne deux profils affichant respectivement une expression gaie et triste. Nos reviennent alors en mémoire certaines représentations médiévales tardives où le visage du Christ, réalisé sur un mode tripartite, symbolise la sainte Trinité. On songe aussi à la figure du Signum Triciput, étudiée par Erwin Panofsky, et qui combine dans une même tête les trois âges de la vie.Ce Portrait tragi-comique de Ramette est bipolaire. Il serait erroné de croire que nous sommes des êtres unifiés. Nous sommes plusieurs dans un même corps et nous faisons ce que nous pouvons pour cohabiter. » (Richard Leydier, Art Press) La sculpture est très réaliste, – techniquement dans la lignée des personnages de Ron Mueck, en moins malsain -, la tête semble une vraie tête, recouverte d’une peau aux pigments vivants, de vrais cheveux… C’est ce qui confère un petit quelque chose de dérangeant au rictus bipolaire qui tord le visage et aux yeux divergents. Une facture moins fidèle à l’anatomie humaine exprimerait autrement ce conflit entre sentiments contraires et, du reste, cela surprendrait moins car les peintures et sculptures rendant compte du tumulte des sentiments ne sont pas rares ! On pense, devant ce portrait de Ramette, à cette sentence absurde serinées par les adultes aux enfants faisant des grimaces : si les cloches sonnent à l’instant où tu grimaces, la grimace sera ton visage, toute ta vie. Dans ce portrait c’est juste un tic. Puis, on tourne autour, on comprend le truc, bien vu. Voilà. Mais qui croit encore que nous sommes « unifiés » ? Et est-ce un art qui s’adresse à un tel public ? Combien de temps peut-on rester sérieusement devant une installation constituée de bancs d’église alignés votivement devant une horloge murale pour représenter le culte autoritaire du temps qui passe ? Vite vu, vite compris. Dans l’ensemble, l’exposition a un bon rendement, on ne s’y ennuie pas, elle a l’efficacité professionnelle d’une bonne campagne de communication dont on peut dire qu’elle est créative, intelligente et sensible. (Je parle pour moi, c’est l’effet ressenti.) – Un port et des cabanes. – Par contre, on ne s’attend pas, dans le cadre d’une promenade touristique en barque, à l’émergence d’émotions non formatées. Quand on déboule sur l’étang de Thau et que l’on découvre la pointe courte, le petit port brouillon, le fatras des cabanes, les planches en tous sens, les couleurs dépareillées et rongées, les restes de filets, les embarcations amarrées, les pneus, les fagots de perches, les sièges vides empilés ou renversés, une barrière de résidus et détritus en avant de quelques maisons ordinaires, quelque chose surprend. C’est une sorte d’enclave où l’esprit du bricolage (l’art difficile de nouer les deux bouts) serait roi, assurant la pérennité fragile du site, sorte de fortifications paradoxales, presque désintégrées, entourant des modes de vie que l’on dit en voie de disparition avec leurs techniques de pêche anciennes décrites en osmose avec le biotope de l’étang. Pour l’heure, aucun « pointu » n’est visible, c’est peut-être un décor vide, mais on y croit, on a besoin d’y croire, on guette, voyeur. Et si l’intérieur du quartier, dit-on, n’a plus rien à voir avec sa légende, en le voyant de loin en bateau, ce que l’on projette comme vie dans les ruelles, ce que l’on met à la place de ce que l’on ne voit pas, ce sont quelques images en noir et blanc du film d’Agnès Varda. Alors, ça fredonne (mais n’importe quoi, pas forcément une chanson liée au film ou au lieu). Le presque chant de la pellicule. Une agitation fantôme. Surtout, l’accumulation hasardeuse de ces signes de survivances, le tableau de cette marginalité qui rétrécit comme peau de chagrin, qui le sait et continue à se maintenir avec gouaille, flirtant avec les dimensions artistes d’une installation bidouillée, art brut et land art, rappellent trop des enclaves intimes où l’on retourne peu, les nombreux territoires engloutis où nous avons construit sans cesse des cabanes d’enfance et, encore, de l’adolescence. Protégés par les claies de tiges de noisetiers, de feuilles et d’herbes séchées, nous observions le monde des grands avec leurs maisons en dur. Alors oui, ça fredonne. – Des vitrines d’art modeste. – Les vitrines de Bernard Belluc au Musée des Arts Modestes sont d’une espèce pas tellement éloignée. Que l’on aime ou non, on y retourne aussi, c’est énorme et envahissant, ça retourne, c’est de la charpie de tous les territoires traversés reconstituée, mise sous globe et arrangée en ex-voto clinquants. Comme d’assister à la pluie figée de tous les tickets de concerts que vous avez entendus depuis le début de votre vie, mêlés aux tickets de cinéma, d’expositions et aux billets de trains de tous vos voyages. Objets et images appartenant à tout le monde, vulgaires, à un moment où l’autre on les trouvait à tous les coins de rue, envahissants, ce n’est même pas qu’on les a vus mais on a en a fait usage, on les a maniés et on en a mis des tonnes à la poubelle. Ils ont pour la plupart à voir avec l’enfance et sont presque tous bipolaires, tout en étant de basse extraction et reproduits à l’infini, icônes jetables du marché de masse et du gaspillage, fabriqués sans aucun soin et élevant ce méprisant sans soin au niveau d’un art mineur (mais art tout de même), ils nous extorquaient des rêves pulsionnels fantastiques de consommation échappant à tout calculable. Ce sont des vitrines évoquant celles de musées naturels où sont reconstitués des morceaux de forêts, de bocages, de steppes ou berges de rivière, avec leur faune empaillée et placée dans leurs postures caractéristiques. Du vivant pétrifié. Ici, on frôlerait une taxidermie délirante s’appliquant aux objets consommables de temps passés, les marqueurs périssables d’une époque déterminée. L’intérieur des cages vitrées est envahi de jungles d’emballages, de jouets de pacotilles, de babioles, d’ustensiles emblématiques, bouteilles, flacons, textiles au rabais, attributs attitrés de certaines postures, par exemple le pliant en tissu que l’on emmène à la plage. On pense aussi à ces amoncellements de verroteries avec lesquels, dans la bande dessinée Lucky Luke, les Tuniques Bleues achetaient les terres des Indiens. Toute une histoire de la cupidité ordinaire, de la marchandisation douce du cerveau, retracée en vrac par l’archéologie des objets insipides qui la suscitaient, à dose homéopathique. On était loin de prévoir l’impact à long terme de ces babioles qui faisaient sourire et que l’on jetait à la poubelle sans aucun pincement de cœur. C’était leur destinée et il fallait faire de la place pour ce qui venait les remplacer. Malgré leur omniprésence, elles avaient un côté bon enfant, inoffensif, surtout comparé aux machines de guerre du marketing actuel. Si l’on peut revivre des scènes du passé en cherchant ce que l’on y a vécu de signifiant, là, tout revient par la bande, par le fond des poubelles, le surplus, le défaut, l’univers factice des réclames et ses petites saloperies, marrantes, que l’on pensait immédiatement biodégradables, ne laissant aucune empreinte. Or, si cette créativité chargée d’attiser les pulsions, à la manière du tissu rouge pour le taureau, a su capter quelques choses, c’est bien, d’une certaine manière, l’étoffe symptomatique de l’air du temps dont les agitations poussent à réagir (tomber dans le panneau). Ou, mieux ou pire, le dévoiement de l’air du temps, dans un effet de corruption flattant le goût de la perversion, des choses corsées, plus amusantes d’être humiliées, tournées en dérision, plongées dans un bain acide de second degré ? Encore faut-il, pour qu’une telle production jugée initialement sans valeur esthétique ou sémantique, puisse réapparaître dans un musée quel qu’il soit, grâce à un artiste qui s’en empare comme matériau artistique, que des individus s’y soient attaché au point de ne pouvoir s’en séparer, de les conserver et, le moment venu où les regards peuvent changer, de les écouler sur les puces, excitant l’envie de collectionneurs toujours à l’affût de nouvelles raisons de collectionner. Qu’est-ce qui pousse à être le conservateur de cette industrialisation du fétichisme ? L’amour sincère du toc, le doute, l’espoir de comprendre le mécanisme de séduction et de s’en détacher, transmettre la preuve d’une assuétude ? Mais pour ce matériau modeste, comme pour d’autres, il est important que les transmetteurs existent et soient de sensibilités multiples pour éviter l’imposition d’une histoire unique, à la gloire des industries par exemple. C’est en 1981 que Bernard Belluc a commencé sa récolte au marché aux puces de Montpellier où il se rend avec acharnement, en mobylette, à cinq heures du matin (une des vitrines, paraphrastique, met en scène la fameuse mobylette). C’est avec le résultat de ce qu’il chine qu’il élabore son univers artistique. « J’étageais, amalgamais, structurais des univers dans les réduits et recoins de ma demeure, je sculptais par les effets d’ombre et de lumière les reliefs de mes tableaux en 3D afin de réaliser le prototype de ce lieu idéal dont je rêvais. Le plastoc c’est flash à la lumière. » (B. Belluc). Il construit ce qu’il appelle le « pays de l’objectothérapie », « un territoire où la vue de l’objet déclencheur surenchérie par un effet d’overdose (suscité par la profusion de la matière rassemblée) et liée à des effets traumatiques pourrait par un retour violent renvoyer à des représentations et par conséquent aider le sujet dans son travail de recherche. Pour ma part, il semblait qu’à l’égard des objets, j’étais parvenu à un compromis dans la mesure où j’en étais devenu maître ; je les choisissais, les mettais en scène comme bon me semble, en quelque sorte j’étais arrivé à me protéger d’eux. » Des panoplies de chevaliers, des tentes d’Indiens, des figurines d’animaux en plastique, des soldats, des dinosaures, rassemblés en troupeaux, des collections de cigognes, une chevauché de Pégases immaculés, tout cela mis en réserves et en situation – reproduisant ce geste enfantin qui leur donnait vie -, rencontrant des hélicoptères, des camions de pompier, des képis de commandant (le rêve de tout enfant, porter ou même recevoir le képi du commandant), des ambulances, un vieux poste de radio, un panneau « chasse gardée » (en même temps que l’enfance s’éparpillait dans ces jouets sans prix, elle rencontrait souvent ce panneau empiétant sur ses territoires de cabanes fantastiques). Des objets kitsch qui trônaient habituellement dans les vitrines des maisons, du genre gros flacon d’alcool placé sur un chariot en bois, ressemblant aux anciens canons de l’armée napoléonienne. L’ombre de l’empereur et celle de King Kong, en carton.Des médailles, des vestiges de la poste, des déguisements, des cartons de chaussures, un peloton multicolore fluo de petits cyclistes, un poteau en bois (clôture forestière, piquet d’amarrage marin ?), une chiffonnade de photos érotiques, vintage, tellement désuètes comparées à la pornographie actuelle, les sandales en plastiques, ustensiles indispensables des vacances au bord de l’eau, des coquillages, le phare souvenir, des paquets de cigarettes, des cartes photos de sportifs à collectionner. Des murs ou des éboulements d’emballages, Banana, Omo, Bonux, toutes la déclinaison des boîtes Vaches qui rit, jusqu’à la nausée, les petits cadeaux débiles (mais tellement bienvenus,) à trouver dans les poudres à lessiver, les décalcomanies en prime des chewing-gum, la pile Wonder et sa devise (ne s’use que si l’on s’en sert), le ski nautique, les avions, toutes ces répliques des véhicule d’évasion que l’on faisait fredonner, imitant moteurs à réactions, hélices, déplacement d’air et gerbes d’eau pour voyager mentalement, se déplacer ailleurs. On défile là devant, l’effet provenant de l’agencement, l’art de reconstituer des décors – clin d’œil à cet autre art modeste, la construction de paysages pour le parcours de nos trains Märkling,  en treillis sculpté, papiers journaux mouillés modelés, éponges et bouts de bois mis en couleurs -, les décors d’un vide qu’il s’agit d’exorciser, parce que ces saloperies nous rendaient tellement avides que nous n’en avions jamais assez, c’était le début d’une longue frustration dissimulée, inavouée. On peut en tout cas, grâce au travail de Bernard Belluc, méditer et  mesurer combien cette production sans âme, impersonnelle s’est gorgée d’âmes et d’histoires personnelles, que l’on sait, à peu de choses près, selon des variantes, être semblables au vécu d’autres personnes et que l’on peut avec elles, lors de conversations au départ purement conventionnelles, se reconnaître des appartenances communes, des imaginaires partagés, que l’on peut revendiquer « inventions individualisées », dues à notre talent, tout en étant lucides sur ce qui les aura façonné, le marketing (tout autant que le détournement de ce marketing). Une leçon de ce qui nous mélange. Mais face à ce fouillis bourdonnant, le fredonnement est un drone hésitant, mélancolique, jusqu’à tomber en arrêt devant un tableau délicat. Une accalmie dans l’accumulation forcenée. C’est une énumération de petits carrés blancs, jaunis, épinglés comme des papillons dans une boîte d’entomologiste, chacun traversé de pliures irrégulières, vaguement géométriques. Ce sont les papiers qui emballaient les sucres dans les bistrots. Ils ont été soigneusement dépliés, étalés, des doigts les ont longtemps aplanis, repassant de nombreuses fois sur les plis, à l’envers et à l’endroit, jusqu’à ce que le papier s’assouplisse, devienne transparent, frottement obsessionnel sur les carrés blancs posés à plat sur la table, tout au long de conversations où les mots sont difficiles à chercher, dialogues que l’on veut faire durer, quelqu’un ou quelque chose à retenir. À moins que ces fines feuilles ne portent l’empreinte de manipulations maniaques, désespérées, durant les longs attentes de personnes ne venant jamais au rendez-vous, fragiles périmètres de calme et de tension où se concentre la patience du solitaire entouré du brouhaha du bar. Minuscules nappes tendues sur le vide nervuré, quadrillé pour une partie d’Oxo dont manque le/la partenaire. (PH) – Premier épisode sur le fredonnement. – Erotique et FédidaPhilippe RametteRon MueckCrac de SètesMusée Internationale des Arts ModestesBernard Belluc

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