De la télé aux flashcodes de rue

La télé dans la rue. – Un grand panneau de photos en noir et blanc, des gueules fameuses, on passerait presque devant sans les reconnaître, juste un imperceptible sentiment de déjà-vu, mais au fond « qui est qui est qui et qui faisait quoi ? ». Cette interrogation retient l’attention. Ce sont des portraits réalisés par un anonyme sur les plateaux de la première et deuxième chaîne française, entre 1977 et 1981. L’impact du « trente après » est implacable. La télé a bien changé et de ces/ses célébrités, d’ailleurs, beaucoup ont disparu. Les anciens mettront un nom sur quasiment tous les visages, artistes, politiques, médiatiques, people, comme on le fait en feuilletant un vieil album de famille, en reconnaissant par intuition plutôt que par une méthode rationnelle. Même en ce qui me concerne, alors que je n’avais pas la télévision, il me semble avoir passer beaucoup de temps devant ces émissions. La petite lucarne a immortalisé des types. Pour les jeunes, c’est presque de l’archéologie, il faut expliquer « qui était qui ». Ils ont entendus parler, ils peuvent connaître phonétiquement  les noms sans pouvoir les identifier,ils sont  alignés ainsi comme des inconnus à la morgue.  Ces tronches, leurs attitudes, leurs tics, on s’en rend compte, alors, font partie de ces signes que l’on collectionne (parmi d’autres et par défaut, tellement ils sont « imposés » par répétition, par prégnance) pour conserver l’atmosphère d’une époque, rester en contact avec, garder des clés pour la comprendre, entretenir ses souvenirs. En passant là-devant on mesure à quel point on peut avoir un lien affectif avec une époque, une période, et que cet attachement est saugrenu, on n’en peut rien. Même ceux que l’on détestait (appartenant à un camp opposé)deviennent sympathiques, familiers, anecdotiques. Album de famille élargie.  – La rue enchantée. Autre chose que nous avons tous en commun, ce sont les fables et les histoires dont les personnages sont des animaux qui jouent aux hommes. Ils s’habillent, ils parlent, ils ont les mêmes ennuis, bonheurs et rêves que les humains. Et s’ils étaient toujours parmi nous ? Comme ces chiens de prairie géants, dressés, cachés derrière les éclairs du papier lacérés ? Beaucoup plus loin, pas de doute, en voici deux en pleine promenade, l’un fume même la pipe, ils vont se rencontrer, peut-être se cogner parce qu’ils animent à merveille l’angle de deux rues, l’angle comme événement, lieu de rencontre impromptue, début d’histoire et d’aventure (souvent il faut se cogner). Ce monde enchanté collé de cette manière en grands formats et en traits vivants donnent l’impression que les ombres des mondes enchantés de l’enfance continuent de nous accompagner, de marcher en parallèle, dans l’épaisseur des murs.  – Streetart, technologies et marketing. – Le streetart évolue aussi avec les technologies. Regardez bien ce collage de FLKDS (artiste connu et coté) : il comporte un flash code près de la signature. Ce n’est pas une imitation utilisée comme élément du collage. Si vous possédez l’appareil adéquat vous pouvez vous connecter et visionner une information qui vient compléter l’image collée sur le mur. Certains des masques de Gregos sont aussi pourvus de cette technologie. Gregos, c’est celui qui colle sur les murs les multiples répliques d’un masque qui est le moulage de son visage selon différentes humeurs – souriant, fermé, facétieux (langue tirée) – et qui en passe par toutes les couleurs (vraiment). Plusieurs de ces artistes donnent rendez-vous sur Internet où ils offrent des produits à vendre : des illustrations sur différents supports (posters, T-shirt). Vous pouvez certainement ainsi avoir la face de Gregos dans votre salon et en changer tous les jours selon votre disposition. Pourquoi pas, tout art doit bien trouver des moyens de subsistance. Certains se moquent aussi des flashcodes et y introduisent des virus qui pourraient nous en débarrasser. (PH) – Sur GregosFKLDSite de Gregos Sur FKLD

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