Fruit et pourriture de bonne année.

C’est le vestige d’un cycle commencé avec la floraison printanière du cognassier et achevé avec la chute tardive des deux derniers fruits lourds – les autres ayant été transformés utilement en préparations comestibles -, dans le gravier, exposé en tribut gratuit, superflu, aux intempéries, aux insectes, oiseaux, vermines et autres artisans de décomposition. Pour une contemplation certes académique, mais en proximité élémentaire, des effets du temps qui passe sur les tissus divers du vivant. De manière fascinante, même de plus en plus nécrosée, la peau, la chair semblent simplement changer de vie, céder leurs principes vitaux à d’autres organismes plus délétères, mystérieux (qui les colonisent). Le gel et l’encroûtement sous les cristaux de neige semblent interrompre le processus, sous un linceul poudreux et immaculé, mais à la fonte, tout reprend de plus belle, la pourriture crève l’écran protecteur et compassionnel du blanc, elle jaillit non plus comme un agent corrompant des fruits oubliés, inutilisés mais s’étant métamorphosée, s’épanouissant pleinement elle-même en fruit en une sorte de triomphe qui contraste avec la désagrégation de la neige en gros cristaux malades, rigides, blessants comme du verre pilé. (PH)

 

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