Street art des vacances

La nature, la montagne, les villages pas très peuplés, le terrain n’est pas propice au street art ! Je ne parle pas des murs abandonnés, des vieilles granges, des constructions publiques le long des routes, des boîtes électriques, couvertes de signatures… Je n’ai pas cherché, ce n’était pas l’objectif, mais j’ai vu peu de choses. Tout de même un très beau papier collé à Sauve, village médiéval abritant, selon les rumeurs, pas mal d’artistes. Dans une petite cour, sur un tuyau d’évacuation d’eau, un torse qui porte sa tête, dans les mains, à hauteur du ventre. Peut-être la tête d’un autre ? Est-ce une tête décapitée ? À regarder de près elle semble sortir du ventre. À la place du chef, sur les épaules, une lettre A, bancale. Un être en forme de rébus. Sauve prépare sa fête médiévale, tous les habitants participent à la décoration, les ruelles sont pavoisées. Toiles peintes « maison ». Lors d’un passage à Nîmes, rien vu grand chose (mais pas cherché, je m’en tiens à ce qui saute aux yeux selon le trajet prévu), une tête avec mention « 3ile » (île de la tentation ?), et un autre pochoir barbouillé que j’aime pour ses ratures, tête perdue dans les bavures d’encre. À Uzès, on ne doit pas tolérer l’impression d’œuvres libres sur les murs classés. Deux ou trois interventions criardes, ici ou là, mais surtout, placé en hauteur, ce pochoir de deux briques colorées, fines, précises, superposées, presque interpénétrées, évoquant en un mouvement aérien suspendu, toute l’ingéniosité et les combinaisons infinies du principe Lego. Appel à l’imagination des formes simples en faisant ressortir la monotonie de la pierre historique. Dans Avignon, agitée par la fin de son festival, il était possible, en cherchant bien, d’effectuer une fameuse moisson. L’art appelle l’art ! Déjà, ce placard hétéroclite autour d’un papier collé, tête de punk héraldique aux polarités bien tranchées (positif vs négatif), autour duquel quelques pochoirs cinéphiles se sont rassemblés : une créature bicéphale de Manga, une silhouette d’Al Pacino mafieux, la lune éborgnée de Méliès. Pas très loin, un homme strié de fatigue, anonyme marqué par une histoire éprouvante théâtralisée à même la peau (rides, réseau de lignes), bascule hors du mur. C’est signé « enim », pas un débutant si les documents trouvés sur le Net lui correspondent. Dans une ruelle près du Palais, au fond d’une niche qui pourrait héberger l’image d’un saint ou d’un personnage historique, la silhouette expressive d’un corps moderne ensauvagé, bête de scène entravée, révoltée. La grande image du vélo méticuleusement démonté, exposé en pièces détachées, amuse (avec adresse flikr). Et j’ai un faible pour ces silhouettes d’encre presque informes (déjà présenté ici des sortes de poux accrochés au crépi de murs parisiens), élément d’un bestiaire approximatif, éclaboussé, ici une bestiole entre micro-éléphant et puce-géante, trompeuse et suceuse, en lévitation au-dessus d’un cœur « love ». Plus humbles, les pierres usées, polies, sont copieusement dessinées et écrites. (PH) – Site de « umin »

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