Williamsburg High Hope

Il faut venir ici surtout la nuit, ou le WE paraît-il, quand l’activité artistique rencontre le flux de curiosités touristiques. Mais quand on est là pour un temps limité, on y passe quand on peut, pour établir le constat de ce qu’il est possible de flairer en plein jour. C’est un quartier qui travaille. Ici la ville n’est pas figée, n’a pas atteint son maximum de développement, ne tourne pas à vide ou dans le même. Elle est en croissance. Une base de pauvreté envahie par une autre sorte de pauvreté, faite de devenirs artistiques pas encore reconnus, cherchant à établir une base pour se développer, se faire reconnaître. Mouvances provisoires, bohèmes, mais aussi, forcément, dans la foulée, bobo. Le tissu urbain est ouvert, tout se met en place pour bien quadriller et déterminer le destin de ce territoire, mais les différentes forces en présence participent, donnent l’impression que le jeu est ouvert – depuis les visées personnelles, individuelles, les résistances des habitants d’origine, jusqu’aux projets immobiliers, spéculateurs, et intérêts plus politiques, urbanisation officielle. Le mélange est détonant et sans doute pas éternel, une stabilisation interviendra d’ici quelque temps, en attendant, le stade de brouillon apporte de l’air frais … Des boutiques de misère et des magasins de standing. Des rebus et du high design. Les investissements immobiliers se multiplient, on construit beaucoup, du clapier et de l’innovant. Les vieux hangars sont colonisés en lofts. En plein centre, au coin d’une rue, une boutique de seconde main, brocante, avec des fringues, du mobilier recyclé et de récupération, un sous-sol plein de microsillons (vu par soupirail), de vieux jouets. Les cafés branchés sont remplis par une jeunesse de gauche détendue, cultivée, qui ressemble à celle que l’on peut voir au quartier latin ou à Bruxelles. Beaucoup de graffitis, d’inscriptions, sans possibilité de vraiment établir leurs dates, leurs fraîcheurs ! Est-ce une ancienne accumulation, plusieurs couches grises, est-ce récent, régulièrement renouvelé ? Ce qu’il y a de récent, une fresque concernant Haïti. Repéré aussi un papier collé récurent avec le dessin d’un personnage féminin maniant l’épée. Plusieurs présences de Space Invader. Des lettres en lattes de bois mis en couleurs, cloués sur les panneaux d’un chantier (High Hope). Beaucoup de maisonnettes en réfection. Des poubelles. Marchands de livres et disques sur le trottoir. (PH)

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