Chez Constant, plaisirs constants

Au Café Constant, c’est parfait. La simplicité est raffinée et goûteuse, les produits de première qualité. Le contenu des assiettes toujours dense et précis, le savoir-faire inventif à l’intérieur des traditions est réjouissant. Cette cuisine soignée mais non prétentieuse s’accorde à merveille avec l’atmosphère de bistrot, car c’est un vrai café de quartier. Et c’est un vrai quartier avec une identité, des habitants qui se font signe dans la rue, ça fait village à quelques pas de la Tour Eiffel. Le menu du jour était épuisé (attention ça défile et la maison ne pratique pas la réservation), j’optai pour un repas marin. « Châtaignes de mer aux langues d’oursin et sauce crustacé » : une merveille, les « bogues » de l’animal évidées, remplies d’une mousseline et d’une sauce émulsionnée, c’est léger, parfumé, iodé, délicat. Les noix de Saint-Jacques rôties au beurre demi-sel, légèrement citronnées, rien de plus simple, de dépouillé et pourtant quel régal ! La justesse de l’ensemble, le respect du produit qui consiste à faire juste  ce qu’il faut pour en tirer le meilleur, forcent le respect. La crème caramel à l’ancienne, pour les amateurs, est à se damner. Oubliez les petits pots industriels, redécouvrez l’original ! Et c’est là que cette cuisine exalte comme des retrouvailles, elle rappelle que l’original existe toujours. Le lieu est agréable, le service cordial, sans chichi mais sans négligence. La qualité constante. Le public est partagé : des habitués du coin, des snobs qui n’ont pas trouvé place au « Violon d’Ingres », beaucoup d’Américains qui viennent essayer, découvrent parfois prudemment et semblent fort surpris, c’est intéressant à observer. Le fait que j’apprécie cette cuisine pour sa filiation, son inscription dans un langage culinaire, ne joue pas pour les jeunes Américains qui goûtent « ça » peut-être pour la première fois (certains sont là en connaisseurs aussi, mais je pensais à quelques tables de jeunes, tâtant un plat pour deux, vin et coca, se rabattant vite sur les desserts, les profiteroles…). Petite touche polémiste : même si j’y ai pris plaisir, je n’ai jamais éprouvé le même sentiment de plénitude en testant les nouvelles tables réputées bruxelloises, certes plus inventives, parfois d’une créativité forcée, et nettement plus chères (Bistrot du Mail, Bon Bon, Chez Marie…). – (PH) – Présentation officielle du Café Constant

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