Onomatopée, tags et blues

trainCertains Thalys reliant Paris à Amsterdam vont être décorés par des tagueurs. Les articles de journaux qui en parlent soulignent le paradoxe: là, on reconnaît, on officialise un art que, d’autre part, on continue à poursuivre et punir quand il s’effectue sauvagement. Ce n’est pas si simple à résoudre. En fait, même si on peut critiquer les systèmes en place, en général quand on lit un livre, écoute une musique, visite une exposition, on peut se dire que l’artiste qui arrive à présenter ses oeuvres ainsi a passé toute une série d’obstacles, de concours, de processus de sélection, incluant le jugement des pairs, des spécialistes, des critiques, des producteurs… et ça ne signifie pas encore que tout est bon et a de la valeur. Dans le street art, je crois erroné de considérer qu’il n’y a aucune instance de sélection. Quelque chose, de plus informel, doit en tenir lieu, ne serait-ce que la rivalité pour occuper les espaces libres, entre bandes, dans les villes les plus actives… Sinon, à priori, tout le monde peut y aller, comment s’y retrouver? Il faudrait instituer par ville des comités qui inspectent, décident de ce qu’il faut conserver, effacer, primer ou punir!!! Il y a quelques semaines, j’avais pu passer à la gare Centrale (Bruxelles) un train à étage complètement recouvert, y compris les vitres. Toutes les voitures. Il y avait une belle unité dans l’ensemble. Le travail avait de la gueule, superbe train fantôme. Evoquant aussi le mouvement, la force motrice du train, il m’évoquait quelque chose de simple à sentir et difficile à exprimer: une sorte de transposition graphique des onomatopées par lesquels les vieux bluesmen chantaient leur relation au cheval de fer, compagnon de leurs errances. Une frise en adéquation avec le support, onomatopée graphique enrichissant l’art ferroviaire, les manières de chanter le train. Je l’ai revu récemment, enfin, en partie, parce que la SNC avait dissocié l’oeuvre, les wagons n’étaient plus ensemble, étaient dispersé en plusieurs rames, bref, l’unité de l’oeuvre n’avait pas été respectée. Ne faut-il pas mettre la SNCB à l’amende? (PH)

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Une réponse à “Onomatopée, tags et blues

  1. Le graffiti subventionné par les réseaux ferroviaires, pas mal comme retournement de situation en effet.
    Pour rebondir sur le thème de la sélection,
    je dois dire que j’ai l’impression que le graffiti et le tag bruxellois ont perdus en qualité ces dernières années, l’accent à été mis sur la taille, sur la quantité et moins sur la qualité.
    C’est sans doute dû à une envie de se faire voir, de ‘représenter’ plutôt que de construire une mythologie ou même un genre.
    Peut-être que cette démarche légale permettra une approche plus sereine et plus technique du graffiti…

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