Printemps

Promenade urbaine. 21 mars 09

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Soleil et lumière vive, vent piquant, cocktail tonique que l’on retrouve à l’intérieur de la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, avec l’accrochage des dessins de Julien Bismuth. Ses croquis, dessins, petites formes de papiers pliés et collés, sont vivants comme l’envol de nouvelles idées, exaltants comme ces petites choses inédites, inattendues. Le trait, les formes en mouvements ressemblent à de courtes phrases. La présence littéraire est du reste importante avec les bouts de texte de l’auteur. « La chaise malaisée », « la table instable ». Dessins et mots cernent des concepts. Concepts d’objets qui se barrent, trajectoires d’objets hors de nos orbites. Ça tangue. Des esquisses qui donnent envie d’aller exercer son regard sur les mouvements imperceptibles de la vie. (Dans la même galerie, des miniatures de Villeglé, morceaux de panneaux d’affichages transformés en peintures abstraites, avec un titre qui re-bascule dans le figuratif imagé de la rue. Eblouissements. Comment les couleurs et cette matière publicitaire, effacées, détournées, manipulées, frottées, lacérées font émerger des idées, des images, des fenêtres. Matériau qui, au départ, pollue l’espace public, usé, poli par l’imagination, libère une force poétique aléatoire. Quelque chose d’ancien, dans le geste, toujours rafraîchissant. Bonne humeur.) Dans la rue, précisément, ça continue à bouger, sur un panneau d’affichage un papier peint de « Konny ». (C’est le nom de l’artiste tout autant que celui du visage représenté.) Une sorte de rebelle « oubliée », enfermée dans une guérilla romantique lointaine, déconnectée. Même si les flingues giclent bien. Plus loin, des pochoirs de la même artiste, visage et armes de la même mercenaire, estompée dans le sol, « ignore me ». Passionaria de causes perdues, radicalité nostalgique de BD sur le retour, qui cherchent à revenir, à faire irruption, reprendre le combat, ne semble attendre qu’un signe.  (Le site de Konny Steding). Bien placé près d’une poubelle, ce pochoir fleur bleue de « Serge & Jane » réunis en une sorte de calice, d’émanation d’esprits jaillissant de son flacon, vestige, apparition, un peu tête tranchée, trophée. (Passage par le métro égayé d’une série d’autocollants aux messages culpabilisant l’usager : si le tram est en retard, c’est de votre faute !! RATP et STB, même combat, mettre au pas le voyageur.) Beaucoup de restes de la manifestation du 19/03, dont ces feuilles collées sur les poteaux de signalisation par le Comité pour l’université (« Faites des Lettres pas du chiffre »), ou ces slogans « Grèce générale » qui, par la trouvaille, démontage et montage de mots et d’idées, en appellent à une convergence des insurrections récentes (Grèce, Guadeloupe…). Passage devant la « Maison des sciences de l’homme » où, selon l’historique qu’en fait Luc Botanski, Pierre Bourdieu initia la création des Actes de la recherche en sciences sociales. Intérieur, extérieur. Dans la rue, les préoccupations sociales, derrière cette façade un mouvement sociologique, important pour les luttes, organisa la diffusion de ses idées. Place de la Paix. Rencontré les traces de la « Marche mondiale pour la paix et la non-violence » qui colle ses autocollants rebaptisant des places en « place de la paix ». Juste en dessous, un wc fraîchement conçu, question de bien-être… (PH) 

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