Terre & surface

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Jardinage. Premier week-end de douceur, lumière et soleil. À vélo, les premières mouches avalées (forcément, on roule la bouche ouverte dans l’effort, on n’imagine pas que les insectes sont déjà de sortie). Dimanche matin, sortir dans le jardin, s’activer dans la partie du potager (pour le reste, faut pas s’exciter, il peut encore faire hivernal, ne pas trop vite nudifier le sol). Premier contact avec la terre, étrange comme chaque année. La terre est grise, tassée, envahie, plus rien d’une terre potagère domestique. Comme déjà se transformant en ce qu’elle pourrait devenir sans intervention de l’homme. Elle a digéré, absorbé les traces du travail de la main, elle se referme, se cicatrise. Impénétrable, hermétique. Il faut la reconquérir, reprendre possession (manière de dire!) du lopin. Le mouron a prospéré sous la neige, s’est fortement développé entre les poireaux. Les pailles, par exemple le réseau dense du tétragone cornu, couvrent les parties cultivables. Il faut transporter à la fourche le compost et l’étaler sur les parcelles à légumes. Engraisser. Le compost est approximatif, produit des tontes d’une année et des déchets ménagers, pas assez décomposé, mais mieux que rien. L’importante est de constater que ces premiers gestes font du bien, sont réjouissants comme une ouverture inespérée. Odeur, couleur, chaleur, consistance du fumier végétal, contact avec la matière, sorte d’entrailles. Et puis, alors que l’on enregistre sur la peau la première impression de soleil chaud, passe pas loin un bourdon, et son fil mélodique lourd, hésitant, mordoré. (PH)

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Une réponse à “Terre & surface

  1. J’espère vos poireaux plus beaux que les miens. Bel hivers vaut mieux que bel été…
    Le travail du jardinier sur sa terre (grise ou pas), le travail de la médiathèque sur les cerveaux (bleus ou pas) : idem. Cette pulsion sourde de tout envahir sans penser qu’ainsi on s’engorge et s’étouffe, c’est Sony- mouron et tétragone- TF1. Ah ! « le temps de cerveau disponible » est l’espace vital à conquérir de ces mauvaises herbes. La monoculture par son action globale est fragile aux épidémies comme les succès commerciaux à la copie pirate.
    Le jardinier- médiathécaire pense global et agit local. Pourtant les friches peuvent être belles.

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