Installation d’art banquier

axa

Les banques dézinguent. À l’échelle d’un destin individuel, une telle rouste, on ne s’en relève pas. Nous avons tous lu et entendu que l’Etat portait secours aux banques en déroute et souhaitait revoir le fonctionnement de la finance. Des commissions planchent et donnent de temps à autre un petit signe de vie. Mais toujours rien de concret. En attendant, les banques repartent, sans vergogne, à l’assaut du désir de vie à crédit. Les publicités fleurissent, agressives, avec des slogans qui sentent bon le « nous avons tiré les leçons de la crise ». Mais il s’agit d’une compréhension qui ne dépasse pas le stade rhétorique de l’intention racoleuse. La rivalité se situe bien là : « Faisons croire que nous sommes la banque qui s’engage le plus dans la nouvelle gouvernance financière » ! Mais à part ça, rien de changer. L’Etat aide les banques et celles-ci, entend-on, se désengagent de plus en plus de ses sponsorings culturels (qui n’étaient déjà pas très conséquents). Et qu’est-ce qui nous font, là, les gars de chez Axa ? Ils nous construisent dans le hall de la Gare Centrale un grand château de cartes bien costaud (voyez l’opposition/message : le château de cartes, symbole de fragilité, est ici maousse, indéboulonnable, comme coulé dans l’airain) ! Pendant une semaine, le hall a été encombré des panneaux et des échafaudages. L’installation a eu lieu finalement dans la nuit de vendredi 20 février. Tout ça pour afficher (avec une belle débauche de moyens) un 4% bien faiblard. Peanuts. Et rendre bien difficile la lecture du panneau d’affichages avec tous ses retards en rouge. Quelle formidable arrogance banquière: et l’on comprend qu’elles ne sponsorisent plus la culture, elles font leur propre art, leurs propres installations lourdingues, un nouveau style, l’art de la crise… (PH)

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2 réponses à “Installation d’art banquier

  1. « Ils nous construisent dans le hall de la Gare Centrale un grand château de cartes bien costaud. ».
    Il font aussi la manche à la gare ceux-là. 4 pour sans c’est une aumône.

    En effet le château de carte est évocateur.
    Au final on a un beau message caché du genre :
    « si on s’effondre comme un château de cartes vous ferez la manche à la gare…
    nous sommes si proche de vous et vulnérables comme vous, nous les banque(ier)s. »

  2. plus j’y pense, plus je trouve que le choix de l’image du château de cartes est complexe et vicieux! Je sais pas s’ils ont bien pesé à quel point ça pouvait être cynique, grossier, méprisant! Car comme vous dites…

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