Krazy blues

ignatz

Ignatz, III, (XI165D) « The water », eau sombre, moirée, bouillonnante, brassée par les pales majestueuses, rouillées et tordues d’une guitare électrique en pleine plongée blues. Comme le corps d’une mémoire qui s’extirpe de la vase (pleine de vieux crocs, crocodiles) et remonte à la surface en une sorte d’apothéose majestueuse et électrocutée, pour pénétrer dans une autre mémoire, plus jeune, une autre enveloppe. Transmission d’âme. Ignatz ne me semble pas vouloir simplement jouer du blues ! Le blues est un matériau en lui qu’il trempe, détrempe, travaille à la manière d’eaux-fortes. Ça commence par une réminiscence de blues (« Two Nights & A Day ») ancien, juste un peu déséquilibré, estompé sur les bords et puis soudain, un autre système nerveux semble se greffer dessus et prendre les choses en main en une précipitation neuronale qui évoque plus un stress urbain stroboscopique. Averse saccadée chantante. – À n’en pas douter, l’ancienneté du matériau le séduit, le fascine, côté racines, ancestralité, identité (beaucoup de références, de citations). Tout ça y est en petit bouts dans une sorte de reliquaire électrique. Mais ce qui l’intéresse est de le « détourner » en un flux fictionnel qui lui soit propre, musicien bruxellois en ce début du XXIème siècle, chaque morceau construit comme une illustration. Un flux tributaire des imaginaires électroniques, de leur sens de la manipulation sonique. Tripatouillage lyrique. Il pétrit alors une culture musicale très sophistiquée (par accumulation d’héritages) de façon très brute, primale. Pour la faire crier, discordante. Sauvagerie. C’est sans doute une des meilleurs manières de continuer le blues, en étant proche de cette musique par affinités, tout en appartenant à une autre culture. S’il se sent bien proche de cette musique, elle lui permet d’éprouver et exprimer son étrangeté au monde. Sa singulière solitude qui s’éprouve au jour le jour comme un départ de soi, se quitter peu à peu, se faire signe « adieu » excessivement lentement, « Gone ». Abandon. « They Came and West », avec un arrière-goût désuet et lancinant résonne comme un surprenant carillon synaptique, à coups de griffes, que seul peut imaginer un individu imprégné de connaissances sur la machine humaine et l’ingénierie cérébrale, ces connaissances résultant de lectures scientifiques, sciencefictionnesques ou simplement par… imprégnation passive dans l’air du temps ! Fantomatique, à l’ancienne et ultra moderne.(PH) – Celui qui en parle le mieux : Ph. Delvosalle. – Discographie. – Le label. –  La Souris Krazy Katz

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2 réponses à “Krazy blues

  1. Ignatz jouera en concerts :

    – le mercredi 21.01 au Schip
    4 rue des Mariniers à Molenbeek
    avec le peu connu mais excellent guitariste CHRIS FORSYTH
    >> http://www.thechrisforsyth.com/

    et

    une double affiche très « Sélec »…

    – le vendredi 27.02 au Stuk à Leuven
    en première partie de EARTH
    (cf. article dans La Sélec’ #2 de décembre ’08)

  2. oups… oups, oups!

    CORRECTION DE LA DATE :
    – IGNATZ / EARTH à Leuven
    c’est le 27.03 (MARS) !!

    désolé pour la confusion…

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