Ballon à pédales

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Je me suis retrouvé à la Toussaint, dans les Vosges, pour la première fois de ma vie. J’avais pris le vélo sans certitude de pouvoir « sortir ». Je tenais une petite forme et la pluie abondante avait donné de la neige en altitude, on apercevait quelques sommets étincelants. Nous logions à Les Guidons ( !), dans la « région des mille étangs ». Effectivement, ça monte et ça descend, la forêt est immense, les routes et chemins sinuent et partout partout luisent les pièces d’eau, petites ou grandes, reflétant les couleurs d’automne dans leurs miroirs sombres. Samedi, après le petit-déjeuner, il y avait une belle éclaircie, la route était belle, difficile de résister à l’appel ! Le temps de me préparer et hop, les premiers coups de pédales et cette ivresse de partir à la rencontre d’un paysage inconnu, en glissant sur ses reliefs, en respirant ses parfums, en aspirant ses images, maisons, champs, arbres… Longue descente agréable vers Mélisey, quelques kilomètres voluptueux dans la vallée, toujours du soleil, la vue dégagée. Puis, quitter la vallée, traverser cet espace de pente douce où se dispersent un hameau, les derniers chalets à la lisière des arbres, puis ça y est, la pente s’accentue, on rentre dans la forêt, les lacets commencent, premiers essoufflements avant de trouver la bonne allure du jour. Retrouver cette étrange sensation d’ascension à la force des jambes. Torrents, clairières, troupeaux, rares chalets en contre bas de la route et, là, dans les prochaines vallées où la route va passer, la masse blanche, cotonneuse des nuages. Je traverse Fresse (plus ou moins 600 mètres), fini le soleil, je suis dans le nuage, abondant brouillard. Hop, retour humide dans la vallée jusque Plancher-Bas, et ça roule très vite jusque Giromagny. Comme je ne suis jamais passé par ici, je ne sais pas à quoi ça ressemble le Ballon, à partir de quand ça grimpe, et comment ? Un peu anxieux, pressé d’en découdre, pas sûr d’y arriver, je traverse rapidement le village (pas particulièrement attirant). Je peux m’attendre à plus ou moins 15 kilomètres de montée. Comme toujours, on sort du village en faux plat roulant, facile jusqu’aux Roches du Cerf. Après, une merveilleuse route forestière sinueuse avec de beaux virages en épingle. Je ne suis pas à l’aise, respiration pas optimale, jambes un peu raides, je sens que les ressources ne sont pas terribles. Se concentrer pour doser l’effort tout en pensant à autre chose. Capter autour, enregistrer les détails, les arbres, l’eau, les sous-bois, la vue qui se dégage et porte loin. Serrer les dents et se détendre, penser à ce que je suis en train de lire, ou d’écrire, ressasser des mots sur une musique… Je sors du nuage et retrouve le soleil. Il fait très doux même si il y a de plus en plus de neige sur le bord de la route. J’aperçois petit à petit la ligne du sommet, à travers les troncs, les premiers établissements touristiques de montagne, les indices d’infrastructures de ski… Et toujours cette émotion indescriptible d’arriver en haut comme en roue libre après l’effort (ce n’est pas très haut, 1175 mètres), une délicieuse dilatation, l’émerveillement de l’altitude et du regard qui embrasse une telle immensité (on distingue le Jura, les premiers pics blancs des Alpes, et surtout des étendues de forêts, des vallées où paressent les nuages).

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