Scènes de free-jazz

« The Murder of Fred Hampton », Howard Alk et Mike Gray, 1971

 

En regardant les images de ce reportage sur une figure importante du mouvement Black Panthers… Mais il ne s’agit pas que de regarder, le son est important, les paroles, les silences, et il n’y a pas que des images, il y a leur mouvement et ce qui les sépare, cette espèce de « cut » est ici très présente, comme la scansion d’un prêche, syncope physique, une aspiration qui donne de l’élan. Ce n’est pas un simple reportage non plus, parce qu’en cours de tournage, les deux réalisateurs vont être confrontés à l’assassinat de leur personnage principal et dès lors, leur « scénario » devient une enquête filmée qui tente d’objectiver les conditions du crime (face au n’importe quoi des médias et aux versions falsifiées de la police). Il y a la rue. Il y a le militantisme des Black Panthers, construction de revendications, recherche et affirmation d’une fierté communautaire, prise en charge de la misère, de l’éducation. Il y a la tension permanente de trouver les mots pour mobiliser, rassembler, construire une lutte et un espoir. Les meeting, les prêches, la parole déliée, inspirée, électrique. Il y a la confrontation de chaque instant avec les « porcs » (forces de l’ordre). La radicalisation qui conduit à s’engager quasiment dans la préparation d’une guerre civile. Et il a la reconstitution minutieuse d’un crime, géométrique, balistique, toute une technologie de la preuve pour démasquer le mensonge raciste. Toute cette tension sociale, mentale, physique, cette énergie pour changer les choses, qui cherche ses mots, rassemble ses idées pour les faire circuler comme une nouvelle mystique, cette impulsion pour tromper la domination des formes et des couleurs dans une folle improvisation saisissant tout ce qui peut faire avancer la cause, c’est comme si j’entendais du free jazz, c’est comme si c’était du free-jazz, c’est la même syntaxe d’urgence, le même vocabulaire percutant, cela me frappe comme une évidence physique. Le sax de Coltrane, dans ses derniers enregistrements (« Interstellar Space »), celui d’Albert Ayler (« Love Cry ») aussi, les premiers enregistrements d’Art Ensemble of Chicago,… Et j’y vois un rappel de plus que l’audace et la puissance créatrices de cette musique étaient liées directement aux mouvements sociaux et politiques qui étaient en train de soulever la communauté africaine américaine. Une musique qui démontait point par point la logique raciste et la remplaçait par un autre type de connaissance, une autre culture. C’était le même combat. Voilà, c’est un lieu commun, mais comme redécouvert avec ce film témoignage, comme un manifeste d’un certain jazz, précis musical politique.

About these ads

Une réponse à “Scènes de free-jazz

  1. http://blip.tv/file/get/107ans-theEvilsGirlsElectro219.mp3

    In a kind day
    You met a kind girl
    and this kind girl
    have a kind smile
    then
    you got to the park with the lovely girl
    and then
    you met people
    who walk on
    cool flowers

    the kind girl
    want to kiss you
    and you kiss her smoth lips

    then the kind people walk on your kind flowers and
    watch out your girl
    and then your so jalous

    then find other park
    with other flowers and may be tries
    and then fine girl
    tell you something strange
    she ask you if you yould like to go
    with her in a fine town
    if the fine girl
    ask you that
    have to ask yourself
    the folowing and important question
    where did people go ?
    who is behind the miror ?

    the kind men find kind girl
    didn’t knew that she was the slave of another bad master
    If you’ve got spicy in your brain
    know that the way you take
    bring you to the evil’s girls

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s