Quand lotus contents, lotus chanter

L’installation « Lotus: Zone of Zero 2008 », installée dans la vaste rotonde de la galerie Ravenstein (par Bozar, dans le cadre de son festival « Corée »), fait mouche. D’abord c’est comme si c’est espace renaissait, trouvait une fraîcheur et un vrai sens à son volume, à sa clarté, à sa forme, une sorte de religiosité moderne qui colle bien à son architecture, vaste choeur surmonté d’une coupole que l’on imagine dédiée jadis à une spiritualité naissante et progressiste des nouvelles cités (mais tombée un peu en tristesse, en déshérence, lieu de passage fonctionnelle mais ne communiquant plus, par exemple, une « vision » de ce que signifie les « passages » dans le maquis urbain). Y placer ce ciel de lotus très géométrique, comme une ruche de fleurs ébouriffées, pleine de don de leur pollen sonore, vibration de chants tibétains, grégoriens et musulmans, c’est déployer une sorte de parasol, un abris sous lequel on se sent échapper à l’agitation, au stress, à la course, au boulot, à la marchandisation. Un havre, une protection (comme du reste l’étaient certaines fois les édifices religieux). Même si, de prime abord, et froidement, on peut trouver ça un peu simpliste, juste joli, en y repassant plusieurs fois, on constate que ça prend, que ça éveille de la ferveur, les passant s’arrêtent, prennent en photo, sourient, se parlent (je l’ai constaté entre plusieurs visiteurs, et un monsieur s’adresse à moi, ébloui, manifestement il avait besoin de dire combien ça le touchait), semblent heureux de partager cette découverte, s’extasient sur le fait qu’il y ait 2000 lotus (ce qui « trompe leur sens’ et c’est aussi le rôle de l’art, de mettre en question ces perceptions). Donc, là autour, sous ces fleurs qui chantent le mélange des cieux, il se passe quelque chose. Une émanation qui pose la question de notre position dans le monde, sous le ciel, face aux croyances, que l’on soit religieux ou laïcs, notre rôle dans l’équilibre global, la question des fluides qui passent des uns aux autres et qui influent sur cet équilibre, bref, l’art diffuse là des bribes de vie à partir de quoi, au centre de la ville, une sorte d’agora spontané est possible. Kimsooja installe là une sorte de possible, c’est déjà énorme! Le dispositif est bien organisé puisqu’il y a bien un comptoir qui donne toutes les explications requises.

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