Les boules.

Dans le parc de Nîmes, au pied de la Tour Magne, un tournoi de pétanques. Des terrains, des joueur et joueuses partout. Plus on se rapproche, plus les conversations murmurées, les consignes entre équipiers, jurons étouffés, interjections et mimiques adrénalisées des coups d’éclats, entre-chocs des boules ou courses des sphères métalliques dans le sable constituent une partition bruissante, dispersée. Musique qui change la perception du sol sus les pieds. L’attention sera attirée par une partie articulée autour d’un phénomène: un jeune joueur qui ne rate jamais, tireur exceptionnel qui parvient à chaque fois à ravir le cochonnet à l’équipe adverse (qui, du coup, n’inscrira aucun point malgré la qualité de ses joueurs). La triplette est passionnante, elle dégage quelque chose de tendu, une fatalité due à ce prodige qui « tue le jeu ». La succession des hommes qui défilent à la ligne de lancement, la concentration, les ondulations de tout le corps pour porter et décocher le geste selon un calcul de trajectoire effectué par tous les sens, toutes les ressources intellectuelles et intuitives, et qui entend la matérialiser dans un mouvement magique de la boule, tous ces gestes de lanceurs ramassés puis portés par l’élan, ressemblent à un ballet moderne et immémorial à la fois, précis, écrit. Jamais la pétanque ne m’avait semblé si proche de la danse.

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Une réponse à “Les boules.

  1. C’est tout le corps qui joue, en effet !

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