Surréalisme belge ou syndrome du Titanic ?

Le Monde du mercredi 6 août consacre un article à la situation belge : « La Belgique paie cher sa crise politique. » Il s’agit de relever les conséquences négatives de cette crise institutionnelle de 14 mois, sur l’économie du pays. « Selon une étude, les risques de transmettre aux générations futures une situation budgétaire insoutenable sont très élevés. » Et d’évoquer, impuissante à réagir et à solutionner cette crise, « la perte de crédibilité qui frappe la classe politique. »

La perte de crédibilité n’est pas liée, je pense, à l’impossibilité de solutionner la crise institutionnelle. Mais plutôt, à se laisser enfermer dans ces enjeux institutionnels qui semblent tellement futiles et désuets comparés aux réels défis. Ainsi, toute la classe politique, entraîné par la logique du champ et la manière dont celui-ci se laisse dicter ses priorités par l’audimat, ne dérive-t-elle pas dans des perspectives strictement politiciennes ?

L’avenir du pays, ainsi, ne semble tenir qu’à cet affrontement institutionnel où s’excitent des fantômes communautaires.

La politique n’est-elle pas l’art de prévoir  et d’organiser sur le long terme la vie collective de ses communautés ? La manière de poser le problème de la survivance institutionnelle du pays obéit au court terme. Pendant ce temps, l’avenir, le vrai, se décide et se dessine autrement. Le numéro de juillet de la revue Science & Vie consacre un dossier intitulé de la sorte : « Réchauffement  Et si la mer montait de 3 mètres…«  Plus beaucoup de scientifiques n’osent contester ces hypothèses liées au réchauffement climatique. Les hommes politiques sont-ils en désaccord avec ces perspectives qui devraient dicter certaines priorités? Auquel cas, ils devraient nous le dire et argumenter.  Science & Vie estime réaliste de postuler une hausse de trois mètres du niveau de la mer pour 2050. Electoralement, 2050, c’est loin. Au niveau de la vie d’une collectivité, d’un peuple, d’un pays, c’est proche, c’est demain. Mon fils aura 57 ans. Trois mètres, ça signifie Anvers et Bruges en très mauvaise posture, ça implique une modification des réserves d’eau potable, ça nécessite des investissements à chiffrer en milliard d’euros qu’il faudrait peut-être déjà commencer à envisager, à préparer, à étudier…

La dictature du court terme fait ainsi de sérieux ravages. Culturellement aussi et surtout. La culture est « calculée » en fonction d’un rendement sur le public que l’on veut le plus rapide possible. Alors qu’elle devrait s’inscrire dans une politique publique à long terme, la politique culturelle devrait préparer les mentalités à être créatives face aux changements qu’il faut aborder et qui concernent l’avenir de la planète. Changement de mentalité qui pourrait conduire à se consacrer à l’essentiel plutôt qu’à se battre stérilement en tournant le dos aux vraies menaces.

 

 

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