Esquisse d’une critique pro-active

Pascal Durand, « Mallarmé. Du sens des formes au sens des formalités », Seuil « Liber », 2008, 293 pages.

 

 

 

 

 

 

 

Une étude passionnante de la situation de l’œuvre mallarméenne. En joignant les armes d’une expertise littéraire remarquable et sensible du texte poétique aux atouts d’une analyse sociologique bourdieusienne finement menée (deux approches que certains jugent antinomiques), l’auteur révèle toute l’actualité de cette situation. Inspiré, ambitieux et orthodoxe, Stéphane Mallarmé incarne d’abord l’arrogance du jeune artiste qui entend perpétuer un ordre symbolique engendrant cette illusion de se situer au-dessus de la foule. Il milite contre la « vulgarisation de l’art ». Au fil des expériences – celles toutes simples de la vie, celles liées à la subsistance, celles de l’observation du monde et de la communauté des artistes, celles du journalisme, celles de son exclusion du Parnasse-, le poète va glisser vers un destin d’exception par sa manière d’assimiler, d’analyser, de théoriser et de poétiser. Il développe une stratégie sociale de longue durée pour s’installer à une place dominante dans le champ littéraire (ses « mardis » deviendront une institution qui frappera de nombreux esprits), il investit dans une économie des valeurs symboliques pour rentabiliser au mieux ses investissements littéraires (économie de la rareté), tout cela en fait un des premiers à porter un regard moderne sur le fonctionnement sociologique et économie des valeurs littéraires. Mais ce qu’il pressent sur ces terrains, ces forces qui le déterminent et qu’il tente de dominer pour les faire agir à son profit, va entrer dans sa théorisation de ce qu’est la poésie, va influer sur son style, le choix des sujets et la manière de les traiter. Et c’est ce qui confère à ces poèmes post-parnassiens cette scintillance exceptionnelle, cette sorte de pureté qui consiste à saisir, en traits épurés et corsetés dans une syntaxe presque sadique, le summum de la vacuité et à réveiller les profondeurs les plus consistantes. Sous le camouflage du superflu élégant, le questionnement le plus radical sur « c’est quoi écrire ». Qu’est-ce qui se saisit dans l’écriture ? Qu’est-ce qui se dit ? Il aura poussé ses réflexions jusqu’à accumuler des notes très poussées sur la conception du « Livre », dans un sens absolu. Il aura ainsi presque donné corps au fantasme de tout écrivain. En même temps, Pascal Durand, situe bien l’expérience mallarméenne dans un contexte, accomplissement d’une révolution profonde du milieu littéraire au XIXème siècle. Admiration pour le poète, plaisir du texte, volupté de la lecture, mais aussi lucidité, sens de la contextualisation, respect de la complexité de la chose et de la vie littéraires, volonté de dégager des dynamiques analytiques qui restituent un sens à la Poésie, une utilité sociale actuelle de sa lecture, voici des qualités dont nous avons besoin, des éléments méthodologiques qu’il serait bon d’importer dans le traitement des musiques actuelles (elles bénéficient rarement d’une telle attention). L’application raisonnée des pistes ouvertes par Bourdieu, en relativisant la portée de la génialité pour mieux la situer à sa place active dans le marché des biens symboliques que nous partageons, ne dénature pas l’importance artistique des textes ni ne cherche à détruire le plaisir esthétique. En s’en inspirant, on découvre des manières de s’approprier les oeuvres sans s’aliéner dans un quelconque cénacle d’initiés et sans se condamner à en rester au journalisme culturel basique.

Citation : « …. Mallarmé porte à son point limite d’accomplissement l’évolution d’un siècle passé graduellement de l’ambition romantique d’embrasser tout l’univers par la poésie, et d’atteindre à l’universel par le prisme de la subjectivité sensible, à une poésie se déterminant à ne plus guère encercler, dans le miroitement de ses propres signes, que le seul univers des lettrés s’attribuant, en fait de « pures prérogatives », la mission de sonder les profondeurs du langage et d’interroger obscurément le monde. »

Chapitre: 1. L’Exception et la règle/Hérésie et conformité/La spirale d’Igitur/ La folie Mallarmé. 2. Mode et modernité/Le Poëte à l’exposition/La Dernière Mode/Poétique des objets quelconques. 3. Manet et son double/Vers un cénacle invisible. Tout un théâtre. Le modèle impressionniste/ Autobiographie/ L’ère de publicité/Don pour don/ La construction de soi/ Le Livre et l’album/ 4. L’isolement de la Parole/Morphologie sociale de la pureté/Presse et littérature : les deux fictions/Lire-cette pratique/ 5. Le sens des formalités/Un repli ostentatoire/Economie poétique du don/L’existence littéraire/ 6. Le Messager du Livre/ le Maître et son secret/ La grande machine/ »Comme si »/ Epilogue rétrospectif.

Des documents pour écouter la poésie de Mallarmé.

 

 

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7 réponses à “Esquisse d’une critique pro-active

  1. « Un solitaire tacite concert se donne, par la lecture, à l’esprit qui regagne, sur une sonorité moindre, la signification : aucun moyen mental exaltant la symphonie, ne manquera, raréfié et c’est tout – du fait de la pensée. La Poésie, proche l’idée, est Musique, par excellence – ne consent pas d’infériorité. »
    Mallarmé, extrait de « Quant au livre », 1895

  2. Pingback: Quand commence l’abus de ludique? « Comment c’est !?

  3. « La poésie devrait… » nous disent les poètes…

    « La poésie devrait défier son exégèse. La poésie devrait détourner la langue, opérer aux limites que lui fixe l’usage – et tendre à les franchir. Elle devrait explorer, exploiter toutes ressources sémantiques, phonétiques, au point d’aller plus loin que ce qu’on en peut dire. Elle devrait emmener l’homme au-delà du connu, des croyances, des limites inconscientes de ses schémas verbaux et mentaux. La poésie devrait … »
    Magnifique programme… mais surtout fait de mots et de beaux désirs. Il est tentant de prendre l’intention pour l’oeuvre. D’exciter les neurones sur un projet virtuel. Et assis dans les amphithéâtres de fac, dans les salles de conférences, de penser par ces fronts tendus vers le ciel, l’infini, l’Univers, censés apporter aux hommes la saisie de l’essence des choses… sans que le voisin, le paysan, le boulanger du coin, en ait la moindre cure – et que la vie du monde change le moindrement.

    Dure conscience de l’état de la chose littéraire, dans cette République des Lettres où le monde dit « de l’esprit » ne renvoie l’image rassurante de ses propres travaux qu’à lui-même, … dans une admiration auto-référentielle.

    Le moyen qu’un poète s’efforce lui… d’autre chose ? Qu’il refuse de souscrire au programme officiel ?… Qu’un poète refuse de prendre le programme pour acte, mais qu’il s’attache à son accomplissement vrai… Qu’il enfonce au passage les traits de Pascal Durand, et encore les siens propres au plus profond qui soit ? (Le seul dénigrement serait bien trop stérile.)

    J’écris entre guillemets les mots que je lui laisse (vous les trouverez in extenso dans « theatreartproject.com » [Poésie : les dessous du langage – Société Française des Etudes Byroniennes, mars 2008]):

    « Le jeune français Rimbaud, dans une lettre fameuse, trahit son impuissance à sortir de ces chaînes. Il trépigne, s’emporte. Il condamne presque tout ce que l’art poétique a produit avant lui. (Tout ? – c’est-à-dire : le peu qu’au XIXe siècle l’Europe et lui-même, pouvaient connaître de la poésie du monde…) Ce n’est qu’un jeu d’oisif, ou de la prose rimée. Il excepte les Grecs chez qui « vers et lyres rythment l’action ». Il rêve d’une poésie future qui celle-là sera « en avant », œuvre, acte d’un poète parvenu à l’état de voyant par un « long dérèglement de tous les sens »… Il écrit ses Illuminations, de brèves proses exotiques, impatientes, – mais fort loin du miracle rêvé. Rimbaud paie aux paroles leur tribut sémantique, métaphorique, multiple, – il oublie d’exploiter le matériau sonore, celui qu’un travail phonétique poussé peut donner au lecteur le vertige de saisir, sous les mots familiers.

    « Il est vrai qu’emprunté à l’anglais, le titre renvoie aux « painting plates » ou « colored plates », – en français : gravures colorées… Nullement à l’extase de quelque éblouissement. L’idée de surface, de trace, de couleur appelle davantage l’imagination littéraire que les structures mentales vouées à la spatialité et à la résonance. Nul travail sur le bruit dont les mots se composent. Plus encore : l’abondance lexicale qui alourdit ces textes, favorise l’inconscience des propriétés physiques de la parole, corollaire de son usage courant. De nombreux adjectifs, de très nombreux articles (déterminants dont le français pullule), scories de la prose, trahissent la faiblesse du travail syntaxique et dissolvent l’énergie poétique attendue.

    « Mallarmé n’échappe pas non plus à l’impuissance… Même s’il en fait une Muse. Contrairement à Rimbaud (son jeune contemporain) lui s’obstine, persiste presque sa vie durant, au risque de sa santé physique et mentale, à creuser, rajeunir la forme usée du vers. Son dessein rigoureux le rend stérile et rare, – du moins l’oppose-t-il à l’abondance vaine de la production poétique de son temps. Le vers n’est pas pour lui une forme préétablie dans laquelle l’art n’aurait qu’à se couler sans effort : le vers est ce qui affecte le plus profondément la langue.

    « Mallarmé veut, poète, « donner un sens plus pur aux mots de la tribu », « reprendre à la musique son bien ». C’est de « l’intellectuelle parole à son apogée » que naîtra la Musique… Des procédés classiques de rimes intérieures, d’assonances et d’allitérations, des liens cachés d’étymologie, la tension – jusqu’à la ténuité – de liens métaphoriques sous-jacents, une syntaxe sinueuse, tentent de renforcer un tissage poétique d’autant plus singulier, et déconcertant, qu’inscrit parfois dans la rigueur de cadres formels éprouvés (tel celui du sonnet)… Nommer, dit le poète, est détruire la jouissance : l’idéal est de suggérer. Mais le vocabulaire exotique de l’époque, quand bien juste allusif, le mot rare qui arrête la lecture, heurtant le suivi des plans métaphoriques – le vers souffrant visiblement de ne pouvoir le résorber -, l’apposition souvent sollicitée ainsi que l’incidence (deux procédés d’allongement syntaxique faciles), témoignent la fatigue du combat solitaire. L’air vient vite à manquer à tant d’isolement … « Le monde, croit Mallarmé est fait pour aboutir à un livre »… C’est un monde poétique tout anaérobie que Mallarmé, Rimbaud lèguent au siècle suivant. »

    Je demande au lecteur d’excuser mon poète. L’expression violente, radicale, vient souvent à l’artiste sensible. Tout être passionné pèche par impatience : il voudrait que sa soif, son sentiment d’un manque, cette possibilité et ce désir d’une forme qu’il se croit encore seul à entrevoir, soient ressentis de tous. Nous voir nous satisfaire des œuvres déjà faites décourage son effort. Mais surtout, nous entendre opposer la leçon des formes en vigueur, des chemins recensés, des mots d’ordre reçus – à la singularité du projet qu’il porte, peut aigrir son discours. « Il est sage de cultiver la patience » dit volontiers Vinci.

    Mais il est sage encore de sentir nos œillères – culturelles, lexicales. Quelques clics sur la toile, quelques heures de vol… Voici l’Afrique, l’Inde, la Chine et cent contrées, cent mondes nous offrant leurs poètes, leurs chantres virtuoses, leurs shamans exaltés – naïfs, conscients, lucides, maîtres de leurs moyens, inspirés dans leur art. Leurs langues, classiques, dialectales, leurs styles secs ou fleuris y portent aussi bien à l’émotion intime qu’à l’introspection ou à la transe collective. Les fioritures extrêmes du kriti, le « récitatif aux huit timbres », le « chant chuchoté » – tant d’extraordinaires particularités de tous les arts du monde, les uns traditionnels, les autres récents (y compris les concerts de l’art pop, l’art vidéo, les « performances », la « culture urbaine »…) vivent manifestement hors cadre rimbaldien, mallarméen, mais saisissent le rapport au monde et rythment l’action bien plus sensiblement qu’un poème dans son livre.

    J’ai eu l’occasion d’exprimer à Pascal Durand lui-même mon sentiment sur son ouvrage. Lorsqu’il souligne que Mallarmé et son oeuvre sont davantage le support et l’involontaire soutien que l’objet vrai de nombre d’exégèses – études souvent d’une surprenante ingéniosité -, Pascal Durand surprend : il heurte, il ose en effet heurter non seulement toute la doxa du XXe siècle mais encore tous ses scribes actuels.
    Effleurer l’idée d’une tromperie symboliste – comme il fait endore, parlant même d’imposture – passe déjà difficilement. Mais émettre la moindre réserve sur la valeur officiellement reconnue à l’apport littéraire, philosophique voire métaphysique mallarméen (ou rimbaldien par ailleurs)… semblera en République des lettres un crime particulièrement odieux et répréhensible -, un crime dont l’auteur pourra se mettre à dos tout le Temple du Verbe, les gardiens de l’état des choses, les défenseurs de l’habitude, – et maint poéticien.

    . . . . . . . . . . . .
    On dira mon poète détester Mallarmé… Pascal Durand lui, l’aime. Moi ? Je sais bien des vers du divin Stéphane, je puis vous réciter son Faune, Hérodiade et Un Coup de dés… et encore des fragments entiers de sa prose. Je l’ai encore porté sur scène voilà quelques années, et même le spectacle a fini par faire salle comble avec ce maître réputé hermétique – mais certes pas naïf pour croire à ses chimères…

    Notre religion n’est plus la bonne. Notre Terre n’est plus le centre du monde. Mais nous vivons ce temps où sous toutes latitudes, de toutes nations, toutes langues, – mieux instruits des visages multiples de leur art, éclairés des progrès des sciences du langage, les poètes peuvent enfin comparer leurs approches, leurs efforts respectifs, mesurer fertilement les chemins déjà faits, œuvrer de conséquence, en conscience plus grande.

    Louis Latourre

  4. Le Jeune Parque

    Louis,

    Je me permets de vous citer : »Notre religion n’est plus la bonne. Notre Terre n’est plus le centre du monde. Mais nous vivons ce temps où sous toutes latitudes, de toutes nations, toutes langues, – mieux instruits des visages multiples de leur art, éclairés des progrès des sciences du langage, les poètes peuvent enfin comparer leurs approches, leurs efforts respectifs, mesurer fertilement les chemins déjà faits, œuvrer de conséquence, en conscience plus grande. »

    Ce sont des propos idéalistes, à moins qu’ils ne sous-tendent quelques solutions nouvelles (que j’aimerais connaître et que j’espère exister) . Nous vivons ce temps, où chacun n’a d’autre désir que de briller tout seul.
    Hier, vous parliez d’hier quand il s’agissait de briller non seulement seul, mais surtout d’être le seul à briller, quand aujourd’hui il s’agit de se voir tous briller… pour soi-même seulement. J’apprends que le prix du progrès c’est de nous montrer le progrès qu’il reste à accomplir . Du même coup , se termine le soliloque au milieu du silence, à peine troublé de querelles entre nouveau et ancien, à peine dérangé par les mouvements politiques, les désirs de changement , ou les griffes apeurées de ceux qui se raccrochent au passé en dénigrant l’évidence, en pensant qu’il n’y a pas d’autres avenirs!

    Or ce que vous vois susurrer à la pensée du lecteur c’est la naissance d’un nouveau sentiment, j’y perçois derrière votre voix les échos pas si lointains de la démocratie, sous quelque forme nouvelle et concernant des aspects de la littérature.
    La démocratie , nous aurions tord de n’y voir qu’un projet de gouvernement, c’est aussi un sentiment.
    Une sentiment…. murmure complexe du dialogue entre des désirs qui complotent et des pulsions qui envahissent. Le sentiment est entier, il est donc bien solide, il campe sur lui même, il est son origine et sa propre explication, il envahit la raison, pour ne la voir parler que par sa seule vibration.

    Comment disait Balzac dans Le Père Goriot, déjà ? … »Le sentiment c’est le monde dans une pensée », [c’est le singe qui croit parler, l’aigle qui pense tout apercevoir, l’homme qui croit être capable de tout, c’est de la mousse qui veut tout recouvrir c’est sa propre terre et se propre galaxie, c’est le Monde, légèrement différent du notre parce qu’il ne se voit que par lui même] , c’est du mouvement sous la forme particulière d’une instabilité close… cette forme instable ne peut craindre de changer , encore moins de déborder sur un autre sentiment. Non, c’est définitif, le sentiment ne peut que naître ou disparaître et c’est en cela qu’il est instable, car il se justifie moins que la nature, il épouse lui aussi la tendre indifférence du monde alors… lui aussi, un jour, meurt sot(!) de n’avoir pas su s’adapter,
    ou bien il ne meurt pas .

    Le sentiment referme un potentiel d’éternité.

    Voilà ce que c’est que la démocratie, c’est un brave sentiment dont l’humanité complète n’est pas encore atteinte.

    Louis, si la démocratie c’est un sentiment, alors il s’agit d’un chose inutile qui n’atteint que ceux qui ont le luxe et le temps de s’y consacrer sans crainte, parlez d’elle à un coréen, un chinois, un texan, un français monarchiste (le parti existe encore), l’homme n’a pas besoin de sentiment, c’est elle qui s’impose à lui, et lui qui en revendique ensuite une entière paternité (avouez qu’il y a là de la mauvaise foi), il lui est si rapide d’en changer, allez hop! on retourne sa veste

    Vous avez vu l’actualité du Texas ? Allez ! une petite loi permettant à n’importe qui de tirer sur un homme sans sommation et sans justification face à la justice, Bam un sentiment de sécurité qui disparaît , remplacé par un sentiment de pouvoir, et au nom de quoi ? de la sécurité elle même ! bien sûr …

    Mon discours n’est pas que pessimiste, mais l’idée que tout le monde va échanger , partager, me semble raisonnablement faible aujourd’hui, je parle en tant que partisan de cette idée, en tant que membre actif d’association et de syndicat, en tant que consommateur et citoyen, je veux dire : _ce n’est pas la possibilité de ce miracle que je remets en doute, _c’est plutôt la capacité des humains de se convaincre de le faire, jusqu’aux humains les plus admirables, jusqu’a vous, Louis. Jusqu’où partageriez vous, et avec qui? Le feriez avec un semblable qui possèderais de quoi vous rendre ce que vous lui donnez ? Donneriez vous la même chose à celui qui n’a rien à donner, rien du tout que sa curiosité, et une capacité, quoique restreinte à remettre en doute vos paroles.

    Erreur … Vous parlez d’un sentiment que je prie de voir apparaître, vous parlez d’un idéalisme qui commencera quand les hommes cesseront de le bouder (!).

    J’en viens à la littérature, Mallarmé prince du mystère, génie d’un hermétisme éclairé, n’attendais que vous, et quelques autres, ceux qui prendraient plaisir plus tard à le lire. Ceux là comme vous, aiment partager, mais c’est une petite minorité, bien loin de soutenir la littérature moderne.
    J’entends, choses qui me frappent, que les siècles derniers, la littérature n’aurait concerné qu’une élite, non pas de riches (quoique souvent…) mais d’intellectuels. C’est faux, la littérature a appartenu à tous, au roi, au religieux, au journaliste… au pouvoir, celui de l’argent ou de la parole, mais d’abord de la parole, avant tout de la parole. On appartient aussi a ceux qui changent nos propos , a ceux qui nous trahissent.

    La parole est un filtre qui élit des idées au dépends des autres, c’est le vecteur des sentiments comme le moustique est le vecteur du paludisme . Aussi, si la principale préoccupation aujourd’hui est de briller pour soi , l’influence de la parole est encore plus instable, quand hier celui qui brillait tout seul pouvait tout imposé.

    Hélas , je ne vois comment on pourrait passer d’un Monde ou les idées peuvent encore être emprisonné par la parole, a cet autre Monde, celui ou chaque idée cherchant à se rencontrer, leurs échanges favoriseraient les bonnes au dépends des mauvaises.

    Peut-on jurer qu’un monde comme vous l’invoquez réussissent à filtrer les bonnes idées ? non, les mauvaises idées continueraient de naître mais ne jouerais qu’un seul rôle, celle de mesurer leur inefficacité face au bonnes idées, peut être aussi permettrait de créer de nouvelles bonnes idées ; les mauvaises idées sont d’admirables muses sans la moindre ombre du moindre doute.

    Le vrai changement sera de se faire rencontrer le plus d’idées possibles entre elles
    Absolument…

    [[pour ceux qui veulent savoir pourquoi]
    Avez vous des rudiments de chimie et de physique ? Lorsque l’on met en contact deux réactifs, la vitesse de réaction dépend de deux phénomènes : la concentration des réactifs et leurs températures, car l’un et l’autre influent sur la mise en contact moléculaire des deux composants, ces composants régiront instantanément lorsqu’ils se toucheront, mais ils peuvent mettre du temps à se trouver. Augmentons la température, les molécules s’agitent, le processus s’accélèrent. Concentrons un peu plus les produits et ils se trouveront plus facilement. prenez]

    …En Littérature comme ailleurs, c’est la même chose, trouvez deux hommes d’idées différentes , s’ils n’ont pas la stupidité de se croire opposer, ils réagiront , plus vous réunirez ces personnages plus ils auront la possibilité de réagir, etc.

    Qui connaît Mallarmé ?Qui connaît Louis Latourre ? Dans ma famille, on ne comprend pas la poésie, alors on la déteste et on essaye de m’empêcher d’en faire… tant pis j’en fais quand même, j’ai appris que pour les convaincre il ne fallait ni que je m’oppose à eux, ni que j’argumente, je n’ai qu’une possibilité, je dois considérer comme pouvant être positif (pour eux) ce que je fais, d’une manière ou d’une autre , même si aujourd’hui je ne sais pas l’ imaginer, comme si j’étais une puissance renfermant un potentiel, lorsque ce potentiel se déclenchera , il seront plus sensibles, cela tient autant a eux de susciter ce potentiel, moi de le reconnaitre.

    Oups ! Ca ressemble beaucoup à que je dénonce tout à l’heure, au fait de briller tout seul … La nuance c’est que si je brille tout seul , je n’essaye pas d’éclairer les autres , tout en restant attentif a leurs propres rayons. C’est en les écoutant d’abord que je sais quand je pourrais briller.
    Il faut des rencontres, beaucoup de rencontres, le plus de rencontres possible quand une opposition ne pourra être considérer comme une rencontre .

    Rencontrez du Monde Louis, rencontrez des hommes sans leur dire ce que vous faites, rencontrez le plus de gens possible et ne dites rien, laissez les parlez, laissez les s’exprimer, aussi longtemps que cela doit prendre, impliquez vous en eux en essayant d’imaginer le jour ou votre propre potentiel s’exprimera,

    Quand on dit « Le pouvoir de la parole » j’ai envie de vomir, cherchons plutôt sa puissance, ça ce n’est pas idéaliste, parce que ça sous entend de se tromper souvent…et d’aller vers les autres, c’est largement différent d’un discours venant d’un individu, portant la bannière « je veux partager », parce que le partage est loin d’être une bonne valeur. Aujourd’hui , au point précis de l’instant présent, je ne serais pas ouvert à vos propos, de la même manière que s’ils sont amenés après que nous nous connaissions, auquel ils auront pour valeur de m’avoir toucher à un instant ou j’en aurait comprit toute la part objective. Tout au plus, vos paroles auraient un pouvoir sur moi, comme elles en ont sur nombre de lecteur qui viennent lire, de même mes paroles n’ont sur vous que le même effet.

    il faut se rencontrer

    Rencontrez du monde Louis, rencontrez-moi !

  5. Le Jeune Parque

    zut , j’ai fait quelques fautes d’orthographes, désolé!

  6. Le Jeune Parque

    et beaucoup de fautes de syntaxe dans la seconde partie,je suis désolé, ce n’est pas un manque de respect mais un clic malheureux avant d’avoir eu le temps de relire!

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