Le Tour à côté (2)

Questions de préparation.

 

 

 

 

 

 

 

A la veille d’un effort qui représente (à mon échelle personnelle) une sorte de défi (Casteau/Petit-Fayt), une part d’inconnu (on ne l’a jamais fait, comment l’organisme va-t-il réagir?), comment se préparer? L’organisme sait qu’il va y aller, ça le stimule et le stresse, il se pose des tas de questions à tous niveaux, je veux dire à tous niveaux de l’organisme, dans la tête, mais dans les bras, dans les jambes, dans les cuisses, dans le coeur. il n’y a pas que le cerveau qui formule et pense, il y a bien une pensée plus matérielle, concrète, dans les autres membres et organes. Une sorte d’attente face à quelque chose qu’il ne sait pas vraiment se représenter parce que c’est abstrait, « il ne l’a jamais fait », il n’a aucun repère. L’attente implique aussi un certain vide. On voit, dans le reportage L’équipée belle, que les coureurs professionnels, même si le quotidien d’une course à étapes est fait de solitude, remplissent ce vide avec des soins, massages, relaxations, etc. 

La carte aide un tant soi peu. Avoir une représentation mentale du parcours atténue l’angoisse, ça rend déjà la course mesurable, ça amadoue la distance Sinon, comment s’y prendre? Faut-il s’entraîner, travailler ses muscles, effectuer une petite sortie? Faut-il au contraire se reposer, rien foutre, se changer les idées? Manger beaucoup ou presque rien? S’envoyer en l’air et se saouler? Eddy était très clair là-dessus: pendant le tour, il ne voyait pas beaucoup Claudine, pas question de disperser ses énergies. Anquetil l’était tout autant: il refusait jamais d’écluser des canons au bistrot. Avant hier Libération ironisait à propos d’un prodige italien (« l’ami Ricco ») qui essuyait contrôle sur contrôle sans se démonter. Hier, il gagne avec panache. Voici comment Jean-Louis Le Touzet (Libération, une plume du journalisme sportif) rend compte de sa préparation particulière: « Le type danse jusqu’à pas d’heure une semaine avant le Tour et se baigne dans les vagues à en perdre son caleçon de bain. Puis dans la foulée, il gagne devant Valverde, Evans, laissant un grimpeur comme Moncoutié s’époumoner dans la fumée des fanes de pommes de terre. » Alors quelle méthode suivre, à quel saint se vouer? Autre chose: face à la perspective de si longues heures seul sur son vélo, le cerveau et le système nerveux font le plein de sujets à ressasser. Tous les arriérés, les notes, les textes à écrire, les dossiers à décanter, les stratégies à élaborer, tout ça s’accumule en tension. Pour occuper l’esprit durant ces interminables coups de pédales. Et aussi, du côté de la volonté, ça fait pile bien chargée, faut avoir du grain à moudre, dans les méninges. Finalement, question préparation, pas grand chose, une recette bien de chez nous, j’ai planté une centaine de poireaux. En vue des stoemps d’hiver bien utiles au cycliste après ses entraînements dans le froid.

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