Beaux-arts, fraîcheurs félicitées

« Dix-7 en Zéro-7« , l’exposition des derniers diplômés de l’Ecole Nationale Supérieure des beaux-arts de Paris est fraîche et tonique. Pleine d’espoirs par la diversité des talents et l’aboutissement des travaux présentés. D’abord parce qu’il ne semble pas y avoir d’a priori quant aux techniques, il n’y a pas d’orientation dogmatique quant à l’esthétique. Les techniques sont résolument mixtes, la recherche du savoir-faire évidente, la sincérité et l’engagement sautent aux yeux. J’aime le titre du texte d’Isabelle Ewig, dans le catalogue: « Cette attention que l’on doit au monde… »! Qui rejoint bien la préoccupation première de « comment7 »!? Les peintures « acryliques sur coton noir » de Grégory Derenne frappent d’emblée comme une capacité, par le médium choisi, à montrer autrement des éléments connus du décor événementiel urbain: lieux de fête, concerts, réceptions, plateaux de télé, juste après la tension dense et le tumulte superficiel, juste quand ça commence à s’éteindre, à retomber et que des traces de « profondeur » apparaissent.

Grégory Derenne

Grégory Derenne

 

 

 

 

 

 

 

 

Le travail photographique d’Anne Le Hénaff, qui cherche les passages entre reportage et esthétique, est basé sur de réelles rencontres. Ce n’est pas la pose, l’engagement est patent. La série « Les beautés du Val d’Ajol » à cet égard est remarquable dans son fonctionnement en diptyque: de vieilles personnes, saisies dans leur quotidien de maison de retraite, ensuite le portrait encadré et exposé dans un détail de la chambre, sur un meuble. Le grand format de Guillaume Bresson est impressionnant: entre l’esquisse floue et l’hyper-réalisme, proche du graphisme de certains jeux vidéos et l’esthétique des grandes compositions mouvementées  la Delacroix, un combat de rue tout ce qu’il y a de plus actuel.

 

Grégory Derrenne

Guillaume Bresson

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai adoré la chambre de Jean-Baptiste Akim Calistru, une collection d’objets, herbiers, scapulaires, insectes, oiseaux, terre relatant sa prise de contact avec une maison du village La Lande. Rencontre avec la mémoire des habitants, exploration de la nature…

L’installation de Benoît Piéron,  » Le bivouac », une tente et tous ses équipements pour s’embarquer dans une expédition de montagne se présente comme une séduisante « cosmogonie portative de tous les éléments nécessaires à un bon bivouac artistique.

 

 

 

 

 

 

 

La remarquable vidéo de Claire Glorieux qui met en scène de façon sensible, attentive, ludique et comme cherchant à y trouver des réponses à des questions fondamentales,  deux autistes, dans des décors réels ou « animés ». L’artiste, à propos des artistes autistes: « Elles sont comme un respiration, une alternative à notre mode de vie tourné vers la multiplication des expériences. Elles témoignent à leur insu d’une possibilité d’être autre… Elles occupent pour moi une place qui pourrait être similaire à celle qu’occupent les moines… ». Et aussi le film de Bertille Bak ou comment la population d’un  village minier du nord s’organise en résistance douce et inventive pour résister à l’uniformisation de l’habitat. Mieux que les « Ch’ti ». Enfin, tout est à voir.. Jusque 12 juillet 2008. 

Ce jour-là, c’était aussi « portes ouvertes » aux Beaux-Arts. Tout le bâtiment était ouvert, on circulait librement d’atelier en atelier, les élèves exposaient leurs travaux, fignolaient, donnaient le dernier coup de pinceau. Atmosphère détendue, joyeuse, « artiste », fourmillante d’idées, de recherches. Une radio libre diffusait un joyeux foutoir sonore, enfin. Des étudiantes sur le toit s’échinaient à dérouler des étoffes. Ca sentait bon les chapelles ouvertes: ici la peinture, là les manifestations conceptuelles, les installations ludiques, le reflet de toutes les modernités plastiques mises sur le chantier dans cet enceinte d’apprentissage.

http://www.beauxartsparis.fr

 

 

atelier beaux-arts

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Atelier A. Messager

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2 réponses à “Beaux-arts, fraîcheurs félicitées

  1. Dommage pour l’erreur sous la photo du 2°tableau qui n’est pas de Grégory Derenne mais bien de Guillaume Bresson. Je reviens de Berlin où habite et travaille cet artiste, il expose actuellement à la galerie Bourouina à Charlottenstrasse jusqu’en décembre. Chose extraordinaire, on peut y voir une version affinée de ce même tableau, je pense que c’est le même qu’il a transformé, mais de quelle manière ! Le fond joue maintenant pleinement son rôle de liant unificateur avec des silhouettes d’arbres étonnantes et au loin les petites traces d’un centre ville aux néons multicolores . J’ai une photo des 2 versions, la délicatesse du 2° est saisissante.
    A voir aussi un grand format déjà exposé par le FRAC Languedoc-Roussillon à Alès, 4 personnages autour d’une table garnie des restes d’un repas et de bouteilles, une histoire racontée dans le style des grandes tragédies grecques, avec une rare qualité de peinture, de couleur et de lumière. Le tronc nu d’un homme menaçant d’un long couteau est une véritablement une pièce de choix.

  2. Merci pour cette précision indispensable (merci surtout pour votre message et l’info). J’avais bien noté le nom correct sur le calepin! Mais c’est à l’enregistrement de la photo qu’il y a eu une erreur! C’est absolument un artiste que j’aurai plaisir à mieux découvrir.

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