Simon Scouflaire en chantier.

chantier

Etudiant en quatrième année « sculpture » de l’E.S.A.P.V. (Ecole Supérieure des Arts Plastiques et Visuels de Mons, Belgique), Simon Scouflaire réalise une sorte de grand-oeuvre de compagnonnage, notamment une pièce magistrale en bois de récupération, animée d’une force fragile phénoménale due l’antinomie entre chaos et équilibre structurée. Un étrange cristaux. L’artiste s’est intéressé aux matériaux qui traînent sur les chantiers de construction, plus exactement ces prothèses provisoires de la construction: bois de coffrages, échafaudages… Ces « béquilles » qui permettent à la construction de grandir, de prendre forme, de se solidifier et puis que l’on jette. Mais ces bouts de bois ont pris la patine des intempéries (ils sont exposés par tous les temps), la marque des outils, les chocs de marteau, les coups de lame, les trous de clous et de visses, les attaques de produits rongeant, les stigmates et la sueur. En visitant les chantiers pour apprendre à « lire ces traces » et les bouts d’ histoires qu’elles racontent, il a chaque fois prélevé des échantillons qui lui parlaient, qui semblaient avoir une singularité. Le projet est de les inclure dans un autre type de construction abritant en quelque sorte le coeur de ces signes ouvriers

chantier

La première sculpture est un assemblage de poutres, de planches, de piquets, de tailles différentes, d’affects variés, d’états et de calibres contrastés, une sorte de déséquilibre explosif, en expansion statique, partant dans tous les sens, prêt à chuter en ordre dispersé. Sauf que ce chaos de bois usagés est comme délimité par une logique implacable d’ordre, d’angle droit, une force coupante qui enferme, délimite strictement. Contraste.

Une deuxième sculpture joue sur un autre type de contraste, paysager, étalé au sol: un tas épars, en désordre, comme une colline d’éboulis, de glissements de terrains. S’y trouve adossé un ensemble méticuleux de bouts de poutres de hauteurs et volumes différents qui évoque une ville en extension illimitée.

travaux fin d\'année

Enfin, au mur, un autre travail sur les marques que le hasard du choc imprime au matériau. Des coffrages de plâtre tous réalisés dans le même moule (plâtre avec une armature de toile de jute) et qui sont tombés au sol. Voici les lézardes, les impacts, les fentes, les trous… 

s. scouflaire esapv juin 08

 

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