Expo/Musée: Superdôme au Palais

« Super Dôme », Palais de Tokyo, Fabien Giraud & Raphaël Siboni, Jonathan Monk, Arcangelo Sassolino, Daniel Firman, Christoph Büchel, jusqu’au 24 août.

Voici l’argument des commissaires : « Le Superdome est un stade mythique : construit en 1975 à la Nouvelle-Orléans (Louisiane), il a accueilli de nombreux Super Bowls (finale du championnat de football américain), un concert des Rolling Stones, le pape Jean-Paul II, la Convention républicaine et les réfugiés de l’ouragan Katrina. Paradoxal, le Superdome jette un pont entre le divertissement le plus grand et la détresse absolue » (Edito revue Palais).  Soit, exactement une partie de la politique des stades étudiée par Peter Sloterdijk. Sans doute qu’impliquer le philosophe dans la conception de l’exposition –ou s’en inspirer- aurait amené un peu de rigueur. A défaut, nous voilà avec un postulat vague, généreux qui rend tout possible !

D’abord « Last manœuvres in the dark » (Fabien Giraud & Raphaël Siboni), En céramique, fichées sur des pieux technologiques, des têtes de Dark Vador alignées en armée maléfique. Toutes reliées entre elles et connectées à un énorme ordinateur mixant toutes les musiques industrielles pour les ordonner en unique méga tube mondial définitif et absolu.

Last Manoeuvres in the Dark

Ensuite l’éléphant qui tient en équilibre sur sa trompe, défi à l’équilibre, projection vers un monde où les lois de l’apesanteur permettraient cette légèreté pachydermique. Dans une cage patibulaire, Arcangelo Sassolino installe un canon à pulvériser les bouteilles de bière. Propulsée à 600 kilomètres à l’heure, impossible de les voir fuser : la détonation coïncide avec l’apparition de quelques bris supplémentaires. Il y a aussi « Dump » de Christophe Büchel, décharge de déchets, de rebuts, en principe visitable, immersion possible via une conduite d’égout (mais condamnée par les autorités lors de notre visite). 

Dump

Jonathan Monk tente d’installer une œuvre en miroir, au Palais et au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,de créer une étrange bulle où des horloges se décalent et déportent le temps, où un puzzle se montre une fois sans ses pièces de bord, une fois qu’avec celles-ci, où deux toiles reprennent l’univers de David Hockney (avant et après le plongeon) où il ne se passe strictement rien. Il n’y a ni avant ni après.

Toute une série de dispositifs qui, comme on dit vulgairement, permettent d’interroger l’art, de soumettre à la question ses traditions, ses conservatismes, ses « révolutions », ses remises en cause. Mais aussi, une expo de plus qui transforme l’art en parc d’attractions. Les « remises en cause » ne tirent pas à conséquence, se produisent sur un mode événementiel plutôt bien perçu.

Christophe Büchel

 

 

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